Objectif Aventure : du voyage à l’image, une bouffée d’oxygène nature !

Peut-on partir à l’aventure en terrain conquis ? Pour la 4ième fois, voici que l’instinct prenait le pas sur les doutes et les aléas logistiques… répondre présente à un événement qui faisait écho à ma nature originelle se présentait ce jour comme une évidence. Exit les mises en garde et les faux alibis. Parfois, la volonté est plus forte que la sagesse et la raison ! Mais si je ne me rendais pas en terre inconnue,  sans transition, je passais du silence de la forêt vaincue par l’hiver à un décor urbain gris et vertical, de la solitude à un lieu grouillant de vie, bruyant et densément peuplé.

Voyager, rêver et réfléchir : 3 promesses, 3 raisons suffisantes pour prendre la route et participer à la 4ième Edition du Festival Objectif Aventure organisé par Terres d’Aventure et Grand Nord Grand Large…  en voyez-vous donc une autre ?

L’un d’entre vous a t’il déjà imaginé « Grandir au Ladakh » ? Dans leur film éponyme, Christiane Mordelet et Stanzing Dorjal Gya ont justement choisi de rapporter un témoignage juste et sincère sur l’éducation des enfants Ladakhi. Confrontée à l’importance d’intégrer dans leur mode de vie une culture pérenne pour préserver leurs traditions, la jeune génération partage son temps entre les villages des hauts plateaux nichés à plus de 4000 mètres d’altitude et l’école où ils sont en internat. Avec pour dénominateur commun l’isolement à la fois géographique, social ou familial, ce qui ressort de ce film, c’est la façon dont ces enfants paraissent autonomes et responsables. Responsables aussi bien de leurs cadets, de leurs aînés, que des travaux dans les champs ou des tâches quotidiennes à la maison. Aussi, lorsque Padma, une adolescente de 12 ans décide de participer au pèlerinage de Gotchak pour ramener la paix et l’harmonie sur terre, cette expérience lui révèle une autre réalité. L’école, c’est aussi celle de la vie dont on se nourrit au contact des autres. Une Aventure de laquelle Padma renait infiniment et intérieurement grandie !

Avec tout autant d’humilité et, nourri par la pensée de Thoreau, dans « The Frozen road », Ben Page nous emmène dans le Grand Nord canadien sur les traces de Jack London. Entre le sentiment de peur, l’appel de la faim et la solitude, l’aventure de Ben explore tous les états d’âme. De l’extrême satisfaction au cauchemar en passant par des phases d’euphorie, sa route vers l’Océan Arctique alterne des moments aussi agréables que désagréables, autant d’instants que la beauté des espaces vierges et immaculés ne parvient à altérer. Si Ben prétend que ces expériences sont nécessaires pour comprendre sa place dans le monde, la façon dont il nous invite à pénétrer dans l’intimité de son aventure via la narration et l’œil qu’il porte sur le décor qui l’entoure, nous rappelle que l’essence même de celle-ci dès lors qu’elle est vécue en solo, c’est l’exploration de soi.

A l’inverse, dans « From the south up », Brendon Tyree vit la solitude comme autant d’instants de gratitude et de grâce. Lors de sa traversée de l’Amérique du sud à vélo, il se délecte des nuits à la belle étoile, des paysages désertiques à perte de vue. C’est avec une âme sportive et pleine de vie qu’il dresse l’éloge du détour. Comme une invitation à la contemplation, mais aussi aux rencontres. Ici, les émotions dues à l’effort et à la difficulté disparaissent derrière ses 3 passions : le voyage, le vélo et la photographie.

Du vélo au parapente, de la route au ciel… peu importe la façon de mener son aventure,  tant qu’on la vit intensément. Avec « Above the big island » de Benoit Delfosse, le ciel se teinte de bonne humeur et de chaleur. A Madagascar, pays de nombreux « faddy » (= tabous), l’accueil malgache vaut bien plus que les saphirs enfouis dans les vallées non explorées de la Grande-île. Sous ses airs de survol, ce voyage dans les airs offre un aperçu coloré et métissé du melting pot local. Reflet de la diversité, mais aussi de la générosité spontanée de ses habitants. La curiosité du peuple malgache pour ces « êtres volants non identifiés » créé l’attraction et déclenche de vives émotions sur terre. Les yeux rivés sur le ciel et les étoiles plein les yeux, enfants et adultes s’émerveillent avec excitation. Mora-mora, les vazahas sont accueillis comme des rois !

Toujours basée sur l’aventure collective, le film « Le Paradis perdu » de Ronan Gladu nous entraîne dans une expédition toujours ponctuée d’humour, de moments joyeux et de fous rires, malgré la difficulté et le danger. Cette fois, le collectif breton « Lost in the swell » a choisi d’aller explorer les côtes gabonaises en fat bike et en surf. Des bretons au milieu des troupeaux d’éléphants, des hippopotames et des crocodiles… l’honneur celte reste indemne à tout moment ! Plus qu’un collectif réuni pour un projet documentaire, c’est l’aventure d’une bande de potes, complices dans l’aventure comme dans la vraie vie et toujours unie pour le meilleur et pour le pire. Entre brousse et océan, au gré de la houle et des vents, nos compagnons d’aventure qui pensaient explorer un territoire sauvage encore vierge, découvrent qu’en réalité la main de l’homme a laissé plus d’une trace dans la région !

  

Pour les amoureux de nature, la cause environnementale est mise en lumière de façon avec plus ou moins d’intérêt, toujours en fonction de l’intention du réalisateur et de l’objectif de l’expédition. Dans « Everest green » de Jean-Michel Jorda, elle devient le sujet majeur du film, soulevant la question de la gestion des déchets en Himalaya. Tandis que l’on découvre que l’organisation en place au camp de base de l’Everest et aux étages supérieurs s’appuie sur une logistique relativement bien rodée, la question non moins éthique de la mise en danger de vies humaines renverse en quelques images seulement nos convictions d’occidentaux. Quant au fragile équilibre qui menace la vallée de Katmandou, il parait bien plus légitime de s’en prendre à la gestion du tourisme qu’à la formation et au professionnalisme des sherpas.

Après l’urgence verte, le sujet crucial et fort actuel de la surconsommation et de l’hyper connexion fait partie des grands thèmes incontournables. Avec « Brice, le vacher des Pyrénées »,  la réalisatrice Sandrine Mörch a fait le choix de suivre un personnage qui semble en marge du système. Pourtant, en se laissant guider par la lenteur et l’isolement, plus qu’une philosophie, c’est un choix de vie inversement proportionnel à notre société lancée à grande vitesse. Ici, là où commence la rupture entre le monde connecté et la beauté d’une parenthèse en osmose avec la nature, la solitude fait du bien.

Cependant parfois, le stress et la conscience du danger peuvent s’avérer des éléments positifs pour apprendre à gérer les situations qui paraissent impossibles à surmonter. En montagne, il faut particulièrement savoir renoncer, mesurer les risques et faire preuve de sagesse. C’est un peu la leçon que les skieurs Thibaud Duchosal et Lucas Swieykowski du film « Elbrus » de Laurent Jamet retiennent de leur ascension à ski du toit de l’Europe (5642 m).

Une conviction allègrement controversée par la théorie de Christian Clot qui tend à affirmer que l’homme est capable de s’adapter à tous les milieux, même les plus hostiles. Afin de pouvoir étudier le comportement de l’être humain et la réaction de son cerveau dans des conditions extrêmes, Christian se met lui-même en situation pour connaître et découvrir ses propres limites. Ainsi, dans « Adaptation », il revient de 4 expéditions de 30 jours en solo et en totale autonomie : un désert en Iran, les vents de Patagonie, l’humidité de l’Amazonie et le froid sibérien. Selon lui, il est essentiel de savoir qui on est pour appréhender une situation de vie dans un milieu qui n’est pas le sien. Fort de cette expérience sur le terrain, il rapporte les preuves vivantes que la fatigue cognitive épuise l’homme, tandis que l’émotion conduit à l’action. Aussi, ce sont les émotions positives qui vont l’aider à aller de l’avant, à accepter la situation plutôt que de lutter contre celle-ci, en vue de trouver une sortie de secours. Grâce à ces conclusions intéressantes d’un point de vue scientifique, on peut espérer que, malgré tous les changements qui menacent la planète et l’humanité toute entière, l’homme parviendra toujours à s’adapter pour mieux construire l’avenir !

Imprégné des résonnances positives de ce constat, Objectif Aventure ne pouvait pas mieux fermer la parenthèse de sa 4ième édition qu’en invitant l’astrophotographe Paul Zizka. Filmé par Mathieu le Lay, un autre amoureux de l’image et des grands espaces, Paul Zizka photographie les étoiles au cœur de la nuit. Ici, dans la désolation de l’immensité, la nature à l’état brut, il parvient à entrer en communion avec l’environnement jusqu’au cosmos. Comme suspendu au temps. Avec, toujours, une humilité qui dépasse l’entendement. Passionné par le monde étoilé, c’est avec une sensibilité extrême qu’il capte tour à tour des images de glace (Groenland), de montagnes (Rocheuses) ou de sable (Namibie). Avec « In the starlight », Mathieu le Lay signe un réel chef d’œuvre où la quête artistique atteint la perfection dans un univers qui lui est singulier. C’est alors que l’on s’éloigne de l’existence pour vivre une splendide immersion nature où tout n’est que magie et douceur, émerveillement et mystère….

L’émotion. Au-delà de la qualité des images, de la sympathie des personnages et de tous les procédés propres à la réalisation et à l’écriture scénaristique, ce qui touche le spectateur dans un film, c’est souvent sa poésie. Celle qui va créer l’émotion. Face à l’éclectisme d’une programmation comme celle d’Objectif Aventure, chacun ne peut porter qu’un oeil différent, en fonction de sa perception et de son vécu.

Au même titre, chaque aventure se définit comme un épisode éphémère capable de susciter des émotions. Bien plus que le compteur kilométrique, c’est la charge émotionnelle qui importe.

Ainsi, accessible et propre à tout un chacun, l’aventure s’auto proclame universelle. Qui d’entre vous n’a jamais rêvé de devenir un héros ? Quelque part sur la planète, nous sommes probablement tous le héros de quelqu’un. Faut-il déjà se laisser du temps pour vivre notre propre Aventure et prendre conscience de cette chance…

…Parfois, ne suffit-il pas de faire un pas de côté pour vivre à sa manière une micro-aventure ?

Voyager, rêver et réfléchir…

Happée par la beauté des récits et des images jamais dénuées d’émotions, nourrie par les rencontres imprévues, la chaleur des retrouvailles sur un coin de table réconfortant, les odeurs de maïs grillé de la gare du nord, ces 3 jours de marathon urbain m’ont permis de croiser des têtes connues, tout en regardant l’inconnu. Les deux n’étant pas incompatibles, expérience faite, je ne regrette point le voyage !

A lire sur le même sujet ou à redécouvrir =>

https://delautrecotede.com/2018/10/09/de-laventure-plurielle-a-laventure-interieure-what-a-trip/

https://delautrecotede.com/2017/02/04/objectif-aventure-le-festival-grandeur-nature-de-laventure-de-paris/

https://delautrecotede.com/2015/02/02/objectif-aventure-un-festival-grandeur-nature-voue-a-limage-et-au-voyage/

Et pour découvrir le palmarès de la 4ième Edition du Festival Objectif Aventure, présidé par Olivier Archambault, Président des Explorateurs Français, allez plutôt par ici =>

https://www.terdav.com/festival-objectif-aventure

Au total, 3 jours de projections, de performances scéniques, de rencontres et d’échanges, 30 films en compétition, 10.000 entrées..

Rendez-vous en 2021 pour la 5ième Edition du cinéma d’Aventure !

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