Mon île, ma quête de paradis intérieur ou la sérénité retrouvée !

Comment échapper à la monotonie, quand le ras-le-bol se confond à l’ennui ? Parfois, la lenteur peut apporter à elle seule une part de réponse. S’offrir une pause grâce à une itinérance non ordinaire contribue naturellement à mettre de côté son flot de pensées obsessionnelles pour passer à « autre chose ». En d’autres termes, cela revient à se créer sa propre passerelle imaginaire entre le passé proche et les choses « à venir ». Juste là, « de l’autre côté de ». Certains diront qu’il est nécessaire de faire le deuil. Pour ma part, c’est un ressenti qui s’apparente davantage à un besoin de renouveau. Voir autre chose pour puiser la motivation et s’inspirer. Ce qui est souvent difficile à trouver en soi apparait alors soudain comme une évidence. Serait-ce juste ici un mode comme un autre de rompre avec ses repères socio-culturels ? En quoi, dès lors qu’on lève les yeux sur l’altérité, cette prise de distance est-elle facilitée ?

Parce que l’expérience passe par la lenteur et que la lenteur invite à l’expérience, j’ai voulu vérifier si les fondements de ma réflexion étaient bien fondés, en mêlant ma quête d’île intérieure à celle d’un voyage d’une lenteur absolue, par rapport à mes besoins quotidiens d’activité.

« Je vis ici de rien dans ma cabane si heureux et si riche », Jean Cocteau.

Parée de cet état d’esprit, je suis donc partie « Ailleurs en France » pour un road trip à la sauce créole !
Slow time, slow life… la langueur galantaise dans toute sa splendeur ne pouvait qu’accueillir favorablement mes émotions.

Quoi de plus approprié pour s’évader et libérer ses pensées qu’une Robinsonnade dans un bout du monde où la quiétude et la nonchalance locales n’ont pas encore laissé place au tourisme de masse ?

Baleines à bosses, chars à bœufs, chèvres lâchées en liberté dans la rue, poisson à la criée et rhums planteur : voici qui a donné le ton à ce voyage, une virée tropicale aux senteurs exotiques. Mais, ce qui semblait avoir un air de déjà vu suite à un premier voyage réalisé 26 ans plus tôt, s’est finalement métamorphosé en une aventure singulière. Ce n’est pas parce que l’on croit connaître une destination qu’elle ne peut plus nous surprendre, même des années plus tard. D’ailleurs, fruit d’une expérience totalement ancrée dans le présent, chaque voyage se construit avec ses propres contours, ses propres personnages, avec tous les éléments inhérents à ce que l’on vit. Et cela, même lorsque l’on a l’impression de déjà connaître le décor. Ainsi, avec ses ressentis et son état d’esprit du moment, on parvient à déclencher des instants uniques, chacun ponctué d’histoires qui lui sont propres, comme autant de nouvelles rencontres.

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A Marie-Galante, l’esprit insulaire nous plonge aussitôt dans un huis-clos réconfortant. Une île, c’est un monde à part. Un monde confidentiel, mais à taille humaine où tout le monde connaît tout le monde, même les inconnus de passage. Un cocon où l’on aime se réfugier, se reposer, se ressourcer. Se laisser porter. Une île, mon île. Semblable à Belle-Île-en-Mer avec qui elle est jumelée – Belle-Ile-en-Mer la farouche et la merveilleuse – Marie-Galante séduit par ses charmes surannés emprisonnés dans une totale intemporalité. Pourtant, 6321 kilomètres séparent ces deux îles.

Serait-ce le sentiment de solitude et d’isolement qui leur apporte tant de similitudes ?  A moins que ce ne soit l’omniprésence de la mer. Le grondement permanent de l’océan. Telles des forteresses millénaires protégées par la houle, ces îles s’efforcent naturellement de préserver leurs secrets, leur histoire. Malmenées par les alizés, les vagues se brisent sur les récifs qu’elles façonnent sur leur passage.

Terre de caractère, l’île n’est ni un mythe ni une légende. Mais un espace salvateur qui nourrit un sentiment fort de liberté. Elle nous transporte dans un imaginaire  plaisant, qui laisse flotter dans l’air un parfum de bout du monde. Où la vulnérabilité n’a d’égal que la beauté du décor, presque intouchable.

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Atmosphère… Ne serait-il vraiment qu’une question d’atmosphère ?

Ici, sous l’effet de l’association des éléments naturels, le paysage côtier apporte une grande bouffée d’oxygène, comme une nouvelle respiration… On respire l’air du large à plein poumons, l’ivresse se mêle à la solitude, jusqu’à ce que le corps, totalement relaxé, atteigne un état de bien-être complet.

Cette harmonie intérieure résulte de la libération d’un souffle habituellement bien trop court, pris par le tourbillon d’émotions qui nous submergent au quotidien. A présent, c’est un nouveau souffle qui se mêle à celui d’une nature résolument vivante et en perpétuel mouvement. C’est ainsi que l’on nomme l’ancrage dans le vivant. 

Pour mieux la vivre, j’ai choisi une cabane en pleine nature. Une cabane exposée aux 4 vents, faisant écho à la résonnance des éléments naturels qui l’entourent. Bercés par les alizés et le bruit de l’océan, ici, on s’endort et on se réveille avec la même musique en fond sonore, une musique vivifiante et apaisante. Tout à l’image de l’ambiance de cette terre insulaire singulière.

Quoi de plus adapté que ce décor « robinson chic » pour s’immerger dans la langueur galantaise ?

Bienvenue à la Kabane ! Avec son ossature tout en bois et son esprit traversant, cette habitation aux couleurs vives sans portes ni fenêtres permet une vraie immersion dans la nature. Perchée juste au-dessus du littoral sur une ravine dans l’extrême sud de l’île, à quelques encâblures du village de Capesterre, la Kabane s’intègre naturellement dans le décor.

Que ce soit par ses matériaux, son mobilier ou sa décoration : tout participe à faire vivre en elle une âme de robinson. Côté cuisine, le bar s’ouvre sur une grande terrasse avec hamac. Également ouverte sur l’extérieur, sa salle de bain permet d’apprécier le chant des oiseaux lors d’une toilette matinale.

Jouxtant la chambre principale, une terrasse intimiste et son jacuzzi invitent à la détente. Une pause idéale à l’heure du soleil couchant pour observer au large le passage des baleines à bosses.

Accessible uniquement par un chemin qui grimpe à flanc de colline, la Kabane trône comme un petit nid agréablement préservé au milieu d’une végétation laissée à l’état sauvage, sans fioritures.

Exposée aux alizés une grosse partie de l’année, Marie-Galante appelée aussi « grande galette », saisit par sa végétation sèche et aride. Sur cette terre malmenée par le vent, seule la canne à sucre parvient à pousser librement un peu partout dans l’île.  

La maigreur des vaches laissées à l’abandon dans les champs à l’herbe rase et brûlée, fait du mal à observer. Pourtant, ici, les bœufs travaillent encore à la place des machines et l’activité agricole semble assez vivace. Tirant les charrues pour retourner la terre, ces braves bêtes font preuve de résistance.

Les plantations de canne à sucre cachent ici et là quelques distilleries de renom comme Bielle dont la qualité du rhum n’est plus à prouver !

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Grand-Bourg (« Gran bou »), Saint-Louis et Capesterre : 3 noms, 3 villages, 3 ambiances.

Généralement, on débarque en bateau depuis Pointe-à-Pitre à Grand-Bourg, dans l’ouest de l’île. Cette collection de jolies cases créoles colorées donne un esprit de mignonnerie dont on tombe vite sous le charme. Ensuite, il suffit de se balader entre le port et l’église pour être témoin d’une série de scènes de vie Marie-galantaises ordinaires, dont le voisin qui promène sa chèvre en laisse dans la rue parmi les poules et les coqs.

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Protégée du vent et donc de la prolifération des sargasses – ces nappes d’algues brunes toxiques et odorantes qui envahissent les côtes et les plages des îles de Guadeloupe et dopées par les engrais rejetés dans le fleuve Amazone et le réchauffement de l’eau – la ville de Saint-Louis située à la pointe nord de l’île distille une atmosphère paisible et bon enfant. Dans cette baie aux eaux claires, les voiliers parfaitement alignés au mouillage donnent l’impression de dormir debout. Un club de voile accueille les matelots en herbe pour les initier au goût du large.

Bien sûr, où que l’on se trouve, il y a la mer. Au nord, Marie-Galante est bordée par les Caraïbes, au sud, elle côtoie l’infiniment grand de l’océan. Et partout, ce bleu vif qui se superpose au turquoise et dans lequel se reflètent les cocotiers centenaires, pliés par le poids des années. Si leur grandeur nous invite à faire la sieste dans l’ombre de leur branchage hérissé, que ceux qui n’apprécient pas les réveils un peu brutaux prennent garde aux chutes de cocos ! 

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Du nord au sud, les nombreuses plages de l’île de la Grande Galette déroulent toutes leurs plus belles langues sablées qui contrastent avec le bleu indécent de l’océan. Photogéniques, paradisiaques, magnétiques ou hypnotiques ? Les superlatifs ne manquent pas, tant la carte postale frôle la perfection ! Et comment ne pas en apprécier la beauté, surtout au cœur de l’hiver ?

Capesterre. Nous voici assurément dans le sud… Dernier village avant le « bush » galantais, avec ses épineux et ses paysages esseulés. Avec son parfum de bout du monde, cette bourgade perdue face à l’océan fait rêver tous les amateurs de terres sauvages et de latitudes exotiques.

Vagues déferlantes sur la passe du lagon, majestueux cocotiers aux formes courbes et voluptueuses : ici, la beauté du littoral se marie à la désuétude ambiante pour distiller une âme intemporelle singulière… Résolument, Marie-Galante rassemble tous les ingrédients nécessaires pour offrir aux visiteurs une bonne dose d’évasion et les aider à tenir jusqu’au retour des beaux jours !

Réputée pour être la plus belle plage de Guadeloupe, à Capesterre, Anse Feuillère a tout pour plaire. Cette plage ourlée de cocotiers sur plus d’un kilomètre est l’endroit idéal pour se retrouver famille. Le pique-nique finit généralement par un bœuf musical endiablé qui vibre au rythme des sons de la Caraïbe ! Au menu, du poulet boucané, le plat national de la Guadeloupe ou un poisson grillé (sauf si vous préférez la langouste ?) au barbecue que l’on aura acheté fraîchement pêché le matin même au port de Grand-Bourg.

Et, comme partout dans les îles de Guadeloupe, les palais amateurs de saveurs sucrées trouveront toujours au coin de la rue, une marchande de glaces à la coco maison qui leur fera goûter son eau de coco, un jus de canne péi ou bien un mix de fruits frais maison délicatement relevé au gingembre.

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Au-delà de la carte postale, Marie-Galante conserve les vestiges d’une époque coloniale bien heureusement révolue. Côtoyant les anciens moulins à vent de l’île et les colossales bâtisses à varangues plantées au milieu des plantations de canne, les anciennes usines sucrières, comme l’habitation Murat ou Roussel-Trianon, témoignent chacune d’une époque où le travail dans les champs se faisait à la sueur du front et à la force des bras.

Si ces lieux de mémoire se visitent encore, il est également possible de poursuivre par la visite de l’une des trois distilleries de l’île (Bielle, Bellevue et Poisson). Quel rhum marie-galantais décrochera la palme ? La dégustation est ouverte !

Ceux qui préfèrent découvrir Marie-Galante hors des sentiers battus, choisiront de s’engager dans l’un des itinéraires balisés de la Grande Galette. Parmi les 9 randonnées et balades proposées par l’office de tourisme, une variété de niveaux et de durées pour tous les pratiquants, sous réserve de ne pas craindre la chaleur !

Une sortie dans la mangrove en kayak est aussi l’occasion de découvrir l’île autrement : c’est un mode de déplacement respectueux de la nature qui permet d’intégrer une approche pédagogique écologique au coeur d’un écosystème essentiel à l’équilibre de la planète.

Mix de nature et de douceur imbriqués, ce séjour sur la « belle endormie » nous a aidés à changer de rythme après une année de travail sans vacances. Très rapidement, nous nous sommes laissés porter par une respiration nature alignée sur le tempo créole local.

Cassant totalement avec nos cadres socio culturels habituels, ce voyage hors du temps nous a apporté une toute autre vision des DOM-TOM. Un bout de France bien éloigné des clichés et des standards touristiques chargés d’exotisme.

Finalement, parce qu’il a été détourné de son projet initial – du fait de facteurs tant sanitaires que économiques et contextuels – et riche en aléas et en rebondissements, ce voyage m’a soufflé qu’il reste toujours un peu de place dans la vie pour improviser, s’adapter et changer de chemin.

N’est-ce pas en soi que l’on parvient à trouver la plus juste des réponses à nos besoins et à nos envies de changement ?


Le Coin des bonnes adresses…

  • Hébergements :

La Kabane – https://www.lakabane.com
Ravine des Cayes – 97140 Capesterre de Marie-Galante
info@lakabane.com
Une offre d’hébergements de 2 à 8 personnes pour passer des vacances dedans-dehors dans une ambiance tropicale en bleu et vert, pour tous ceux qui apprécient faire la sieste dans un hamac à l’ombre d’un cocotier, bercés par les Alizés et le chant des grenouilles…

La Rose du Brésil – https://www.larosedubresil.com/
Contact :  0590.97.47.39 / 0590.97.26.25 / 0690.911.995
Des bungalows tout équipés dans un jardin fleuri avec piscine.
La Rigole – Route du littoral, Capesterre-de-Marie-Galante 97140, Guadeloupe

Le coin lecture…

https://delautrecotede.com/2020/04/12/mon-ile-du-mythe-du-paradis-oublie-a-cet-ilot-de-liberte-retrouve/

https://delautrecotede.com/2021/03/04/7-bonnes-raisons-de-rester-a-la-case/

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