Mes 4 saisons dans les Préalpes d’Azur

Il fut et reste mon dernier refuge de cette longue série de confinements et de mesures restrictives en matière de liberté de circulation. Comme il faut extraire des enseignements de chaque expérience de vie, la pandémie m’a tout naturellement aidée à mieux explorer la richesse et la diversité d’un territoire qui présente un visage bien différent de la carte postale traditionnelle des Alpes-Maritimes.

Ce balcon sur la Méditerranée où je peux m’échapper pour quelque bain de nature comme je les aime est un beau terrain de jeu pour se perdre, se retrouver et se reconnecter. Idéal pour s’offrir une escapade nature au plein milieu d’une quête effrénée de silence et de « sauvage » ou tout simplement pour prendre du temps pour soi.

 A la croisée des influences alpines et méditerranéennes, les Préalpes d’Azur dévoilent un décor et une ambiance bien à part. Situé à quelques encâblures seulement du littoral surpeuplé et trop urbanisé, le pays azuréen présente pourtant bien des attraits et des curiosités où le novice qui a l’usage de poser les pieds en éventail sur les plages ne penserait jamais s’y aventurer.

Ici, pas besoin de faire de concessions entre mer et montagne, chaque village propose un belvédère de choix avec vue imprenable sur la Grande-Bleue, toujours aux premières loges pour contempler tantôt le lever tantôt le coucher du soleil.

Lorsque l’on emprunte la route de ces villages perchés sur des éperons rocheux, on est d’abord saisi par les contrastes avec le littoral, juste avant que le décor ne nous absorbe dans un environnement presque familier, tellement celui-ci est agréable et propice à la déconnexion.

Quel plaisir intense que de sillonner des routes à travers une nature quasiment intacte, avec des paysages extrêmement changeants qui défilent devant soi.

Ainsi, se succèdent sans transition de larges prés, des forêts préservées, des clues rafraîchissantes et des cols panoramiques avec des points de vues qui ne ressemblent jamais aux précédents. Comme autant d’horizons qui offrent de nouvelles perspectives.

Construits à flanc de montagne dans un relief escarpé, les villages semblent avoir pris corps avec le décor, malgré le poids des années. Tous plus pittoresques les uns que les autres, chacun avec leurs placettes, leurs fontaines, leur four à pain, leurs chapelles, autant de traces des gestes d’antan que l’on repère aisément en s’aventurant dans les ruelles étroites parmi les maisons hautes où les chats qui somnolent à longueur de temps règnent en maîtres.

Dans les Préalpes d’Azur, l’histoire a semé des pierres depuis la préhistoire. Des vestiges de sites romains, des tumulus classés, des villages fortifiés… ici, le patrimoine bâti laisse de beaux ouvrages qui témoignent de la main de l’homme sur le territoire.

Après avoir compté les fermes et les bergeries, il reste à recenser les bories, ces cabanes en pierres sèches typiques de la Provence qui servaient d’abris, de granges ou d’écuries. Avec les restanques, ces constructions bâties par les paysans et les bergers avec les pierres qu’ils trouvaient autour d’eux répondent en premier lieu à une architecture de nécessité.

D’une superficie de près de 900 km2 et d’une amplitude de 1500 mètres, niché entre la Grande-Bleue et les sommets du Mercantour, le parc naturel régional des Préalpes d’Azur abrite une biodiversité exceptionnelle. Sur ce territoire façonné par l’homme, où les vallées agricoles se substituent aux forêts, les plateaux lunaires aux oliveraies, les espaces naturels protégés se succèdent comme autant de réservoirs écologiques.

La diversité des milieux favorisant le nombre d’habitats naturels (96 au total), cette richesse naturelle source de vie est propice au développement d’espèces endémiques.

Profitant des climats maritimes et alpins, les paysages ont été façonnés par cette caractéristique qui en font toute leur singularité. Ne perdant jamais de vue la mer à l’horizon, toujours suspendues entre ciel et mer, les lignes de crêtes se superposent à celles des vallées, jouant avec les hauteurs et les morphologie paysagères.

Accroché au-dessus de la mer et marqué par les signes du temps, entre le fruit du sauvage et l’œuvre de la main de l’homme, ce territoire condense une accumulation d’esthétisme graphique et poétique qui fait écho à une philosophie d’être, à un environnement dans sa globalité.

Marquant la frontière entre la partie méridionale et l’arrière-pays, la crête du Cheiron trace une belle barrière naturelle entre ces deux mondes que tout oppose. On sera dépaysé par le décor aride des plateaux de Caussols ou de Calern, immenses étendues lunaires où tout semble sorti d’un roman de fiction.

Orchidées sauvages, thym, lavande ou genet : parmi les cabanes en pierres sèches et les reliefs karstiques, pousse cette flore odorante typique de Méditerranée, un trésor botanique qui confère à ces environnements un aura singulier.

Dans les gorges étroites du Loup ou de la Siagne, on sera impressionné par la verticalité d’un univers minéral au milieu duquel coule une rivière. Une eau claire et pleine de vitalité qui sinue gaiement, avant de découvrir toboggans et cascades bouillonnants.

Ici, le décor alpin se mêle en toute harmonie à la douceur méditerranéenne qui distilles des senteurs florales du grand sud. Les prairies fleuries concentrent une grande biodiversité exceptionnelle réputée pour leurs nombreux bienfaits.

Encore plus serrées et tout aussi chargées d’eau, les clues de Saint-Auban ou de Sigale que l’on regarde de haut depuis la route font penser à un vaste dédale aquatique encore secret où l’on prend garde de ne pas glisser.

Dans les plaines fertiles de Caille ou dans le Piémont avec ses cultures maraîchères, ses vergers et ses oliviers en terrasses, c’est la main de l’homme qui témoigne de la transformation du paysage, contrastant avec les grands espaces forestiers presque vierges.

Principale activité agricole depuis des millénaires, le pastoralisme ou l’élevage extensif, trouve toujours une place importante sur le territoire des Préalpes d’Azur. Vaches, brebis, chevaux et chèvres… les bêtes paissent dans des espaces ouverts, ce qui contribue au maintien de la diversification des milieux (près, landes, forêts), et leurs biotopes associés.

Toujours dans un souci de sensibilisation, mais cette fois aux impacts de la pollution lumineuse et  à la biodiversité nocturne, les « Alpes Azur Mercantour » – territoire qui rassemble une partie du Parc naturel régional des Préalpes d’Azur, du Parc national du Mercantour et de la Communauté de communes Alpes d’Azur – a obtenu en 2019 le label de Réserve Internationale de ciel étoilé (RICE) par l’International Dark Sky Association.

De la Réserve biologique du Cheiron à la vallée de l’Estéron (labellisé « rivière sauvage »), en passant par la Réserve naturelle régionale des Gorges de Daluis, les actions en matière d’éclairage public de ces 74 communes concernées par l’obtention de ce Label permettent de protéger le ciel nocturne.

Une action positive supplémentaire qui garantit à tous les amoureux de nature toute la magie d’un bivouac sous la voie lactée !

Mais, dans les Préalpes d’Azur, il n’y a pas que la nuit que l’on a des étoiles dans les yeux… Avec ses deux stations de ski (Gréolières et l’Audibergue) offrant des vue mer panoramas exceptionnels sur la Grande-Bleue et la chaîne du Mercantour à 1800 mètres d’altitude, le Parc est autant propice aux activités hivernales (ski de fond, ski alpin, raquettes) qu’à celle des beaux jours (randonnée, VTT ou VAE, accrobranche, géocaching, randonnée équestre, spéléologie, via-souterrata, canyoning, escalade, etc…) !

Pour trouver de nouvelles escapades nature et explorer les secrets géologiques, culturels ou naturalistes du territoire, tout en privilégiant une découverte active, que ce soit à pied ou à vélo, le site Chemins des Parcs vous suggère quelques itinéraires qui valent plus qu’un détour.

Balisés et labélisés par la Fédération Française de Cyclisme, les itinéraires qui sillonnent le site des Monts d’Azur, font la part belle aux échappées sur deux roues.

Conçus par le Département des Alpes-Maritimes, ces circuits s’adressent autant aux familles qu’aux grands sportifs. Des balades accessibles à tous aux itinéraires plus engagés, c’est toujours un bonheur que de contempler les paysages défiler à bord de votre destrier favori !

Amateurs d’itinérance, ce cyclotourisme et/ou de grande randonnée, la Maralpine, un itinéraire exclusif de 5 jours reliant au départ Vence ou Grasse au départ de Saint-Auban ou le Grand Tour des Préalpes d’Azur à vélo, constituent autant de belles progressions sur une terre de contrastes pour en saisir toute la substantifique moëlle…

S’intégrant dans une stratégie de développement durable, la Marque « Valeurs Parc » rassemblent les prestataires de sports de pleine nature et tous les autres acteurs à s’engager dans une démarche respectueuse de la nature à impact positif.

Tantôts classés en zones Natura 2000, en réserves ou encore en parcs écotouristiques, la grandeur des espaces naturels du Parc des Préalpes d’Azur confère à cette terre de caractère un esprit libertaire où souffle un vent toujours porteur de pensées positives.

Eté, automne, hiver ou printemps… mois après mois, le décor se saisit des attributs saisonniers pour se parer de nouvelles couleurs, d’odeurs florales singulières et de lumières extraordinaires, dans un kaléidoscope de verts parmi lequel l’on trouve toujours une teinte plus familière et réconfortante.

Né de cette naturelle alchimie entre authenticité et diversité, la richesse de ce territoire réside justement sur la puissance des éléments naturels qui se superpose naturellement à la grande variété des paysages et des milieux (forêts, ubacs, baous, clues, hauts plateaux lunaires) où les nombreux troupeaux témoignent d’un pastoralisme encore très vivant !

Lorsque les esprits nomades et les âmes vagabondes parviendront à s’emparer de toute la magie que distille ce patrimoine riche en histoires, on pourra pour alors affirmer que la croyance d’un équilibre entre développement local, activité humaine et préservation des milieux n’est pas que légende et fiction… aujourd’hui déjà, l’homme est capable de cohabiter en harmonie avec son environnement, en agissant en pleine conscience pour un monde plus durable…

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