Une année de plus pour prendre la route ?

« Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort, le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c’est le train, ce n’est pas la gare. » Paulo Coelho. 

C’est avec un plaisir simple et juste que j’accueille ces mots, à l’aube de l’année 2019. Avec eux, un flot de pensées se bouscule en moi.

Le gong a retenti, la page du calendrier s’est tournée. Les agapes sont résolument terminées. 2018 a plié bagages, ne laissant personne sur le quai. Inutile à présent de regarder en arrière sur les jours et les mois passés. L’euphorie des Fêtes de fin d’année s’est évaporée en même temps que les flammes qui crépitaient dans la cheminée. Emportant à son passage cette odeur de sapin aux effluves alcoolisés et ses bulles enivrantes.

Cependant, certains auront plus de mal que d’autres à occulter 2018. Une année entière d’événements et de réalités marquée aussi par son lot de rêves brisés, ses espérances non concrétisées d’un monde opulent, d’une vie sociale plus riche, d’une société plus juste et plus humaine. Plus durable aussi.

Peut-on seulement tourner si vite la page et oublier les exclus, les réfugiés climatiques, les minorités, les migrants, les opprimés de notre monde ?

Si l’on considère qu’il existe une route tracée pour chacun, doit-on y voir pour autant une quelconque fatalité ou n’est-il pas trop tard pour prendre encore le train en marche ?

Promesse d’un monde meilleur, synonyme de renouveau, la vue d’un nouvel horizon impulse généralement une autre énergie au quotidien. Stimulante et puissante, elle peut aider à teindre notre vision optimiste sur l’état de santé de la planète et la vie d’un voile vaporeux semblable à celui que l’on peut survoler au pays des rêves.

Mais cette pensée peut-elle pour autant se généraliser à un sentiment universel collectif ?

Sans tenter absolument de raccrocher inutilement les wagons, ce besoin de monter subitement dans un train s’éveille à chaque fois chez moi en cette période de façon presque irraisonnée.

Face à ce train qui fuit sur une ligne d’horizon à travers les paysages de campagnes esseulées, la belle métaphore du temps qui passe.

Moins profondément enfoui ce sentiment de liberté profonde est altéré par un état de bien-être général, lui-même allégé du poids des trivialités mondaines.

Loin d’une fuite, c’est un vrai lâcher-prise qui s’opère au fur et à mesure que défilent les images, comme si la vie passée courait derrière le train lancé à la vitesse exponentiellement inverse à celle de notre société.

Et, d’accélération en accélération, émerge en continu cette impression de laisser quelque chose derrière soi, plus on avance vers l’inconnu. Serait-ce ici l’expression inconsciente d’une envie pressante et permanente d’avancer vers le futur sans jamais se retourner ?

Difficile de dire pour autant s’il est vraiment utile de « passer à autre chose ». Vouloir le changement à tout prix alimenterait les symptômes ô combien maladifs de notre société de consommation, nous éloignant paradoxalement à grands pas de notre volonté de durabilité. Avec nos âmes d’êtres humains s’imaginant immortels sur Terre. La Terre, ce lieu de passage où l’on n’a finalement pas ou très peu de temps de prendre racine. A l’instar de la gare où l’on ne pose finalement ses bagages que le temps d’un arrêt éphémère.

Soumis aux lois naturelles de l’impermanence qui nous interpellent à chaque instant, on pourrait considérer que nous sommes tous des « voyageurs »  au long cours. Dans un espace-temps qui laisse place à un champ des possibles infiniment grand. Inconnu, étranger.

Et, même si les éléments terrestres magnétisent nos actes et nos pensées, la vie continue. Parfois, elle nous heurte, nous blesse avant de nous ramener à ses valeurs essentielles, à nos convictions personnelles et à notre propre nature.

Ce à quoi la nouvelle Année ne saura rien y changer !

Alors, si certains diront poursuivre leur route, tandis que d’autres préféreront prendre un nouveau virage, laissant les suivants se porter par le courant, que direz-vous de 2019… que l’Aventure continue, commence ou recommence ?

La vie étant une Aventure au quotidien, je vous invite à présent à vivre la vôtre… qui sait si lors de ce voyage vous ne trouverez pas quelques éléments de réponse pour mettre au plein jour ou remettre à l’ordre du jour ce qui sommeille en vous depuis si longtemps ?

Ceci constituant ma seule et unique résolution de l’Année… et s’y on se retrouvait en 2020 pour faire le point sur la question ?

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