Parfums de rentrée & heure d’été… quelle compatibilité ?

Mangues, la Plénitude, Vallauris

L’heure de la rentrée a déjà sonné et pourtant, tiède et suave, l’été toujours présent nous embaume encore de ses parfums… Si vous deviez ressortir de vos tiroirs une carte postale capable de prolonger vos rêves d’évasion, bien au-delà de votre retour de vacances, quelle serait donc t’elle ?

Exit l’image de la plage paradisiaque ourlée de sable blanc, frangée de cocotiers et baignée d’eaux cristallines… Parmi les souvenirs, ce qui reste de l’été, n’est-ce pas avant tout ses parfums avec tous les plaisirs sensoriels réunis ?

Fermez les yeux et rappelez-vous la douceur du sable sous les pieds, le souffle léger et frissonnant du vent sous un platane dans une maison de campagne, le goût d’une glace gourmande sur le front de mer, l’effet tonifiant d’un bain de mer dans la Manche ou encore l’émerveillement au passage d’un col en montagne, le souffle coupé, mais les yeux bien écarquillés ?

Impalpable, le goût de ces plaisirs sensoriels multiples et colorés, nourrit pourtant pleinement la magie de l’instant… un bruit, un courant d’air ou encore un rais de lumière ?  Pour ma part, l’été, tout comme en voyage, n’existerait pas sans toutes ces odeurs…

Parmi les souvenirs de voyage les plus délicieux, l’arôme omniprésent de la vanille malgache sur le charmant sentier côtier du Cap Masoala, entre brousse et lagon. Tandis que les girofliers et les champs d’ananas cèdent parfois la place aux cultures et plantations, les plantes grasses forment une interminable haie luxuriante et généreuse le long du sentier.

Cap Masoala, Madagascar (Octobre 2007)

Cap Masoala, Madagascar (Octobre 2007)

Guidés par les doux arômes de fruits et de senteurs exotiques, on découvre soudain, au détour du chemin, une crique aux eaux transparentes avant de traverser les villages Betsimsaraka qui vivent au rythme de la récolte de la vanille.

Haut lieu de production mondiale, historiquement côte du palissandre et côte des pirates, cette région du nord-est de la Grande-île a conservé authenticité et calme, loin des circuits touristiques. Mora-mora, le temps présent est roi. Ici, les femmes trient la divine gousse noire à l’ombre des arbres luxuriants ou sous les varangues, pendant que les enfants se précipitent dans nos pas.

copyright LC

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A quelques vols d’oiseaux de là, l’île de la Réunion s’enveloppe également de parfums exotiques tout aussi enivrants… Litchis, ananas, bananes, clous de girofle : les étals multicolores du marché de Saint-Paul déploient leur palette gustative de façon totalement décomplexée. Et partout, que ce soit sur la route aux 400 virages, sur les Hauts de l’île ou en front de mer, on ne se lasse pas de croquer dans les fruits bien mûris sous le soleil de l’Océan Indien.

Tout aussi goûteuses, les mangues cueillies au bord des routes dans la campagne vénézuelienne ou dans les jardins tropicaux peuplés d’oiseaux au plumage fluorescent. Puis c’est l’odeur du criollo, ce cacao à l’arôme puissant dont le goût brûlé parfume le village entier de Chuao – uno pueblito situé sur la côte escarpée au sud-ouest de Caracas – alors les pêcheurs afro caribéens coulent des jours paisibles à l’ombre des cocotiers en triant leurs filets…

Et pour accéder à cet eldorado, un hameau de quelques âmes seulement qui a su conserver le mode de vie et la culture de ses ancêtres africains, on ne peut rester indifférent devant le charme de ce chemin ombragé qui longe bananiers, avocatiers et plantations de cacao depuis l’embarcadère, une invitation nonchalante à se laisser porter en toute simplicité par l’explosion de plaisirs offerts par la nature.

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Aussi léger et inspirant, le parfum de ce premier rhum citron vert dégusté sous une varangue en Guadeloupe face à la mer des Caraïbes. Plus que le pouvoir euphorisant du cocktail, c’est l’odeur du fruit ensoleillé, prêt à se laisser adoucir par une cuillère à café de Canadou, qui reste dans la bouche après deux ou trois gorgées.

Malheureusement, certaines odeurs manquent véritablement de cette douceur des îles et des paradis tropicaux qui nourrissent nos fantasmes d’occidentaux… Ainsi bien qu’exotiques et indélébiles, le fumet de la brochette de sauterelles du marché de nuit de Wangfujing à Pékin nous paraît manquer sacrément de ce parfum liquoreux qui dégouline de sensualité pour des plaisirs assumés…

S’associant harmonieusement aux odeurs des fruits et beignets frits sur les marchés animés des 4 coins du monde, Mysore, lieu mythique de l’Inde du Sud, sublime l’essence la plus utilisée en parfumerie. Dégringolant en grappes odorantes sur les tresses fleuries des déesses indiennes en sari, défilant avec grâce et féminité, le jasmin opère avec magie…

Et, dans les bacs emplis de pétales de fleurs destinés à être jetés en offrandes dans les temples hindouistes, ce parfum parmi les plus réputés au monde embaume notre mémoire et notre conscience bien au-delà de l’instant présent : un parfum intemporel et éternel.

Et vous, quel parfum gardez-vous de votre été ? Comment comptez-vous en prolonger le goût afin qu’il dure éternellement ?

Jasmin, marché de Mysore, Inde du sud (mars 2003)

 

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2 réponses à “Parfums de rentrée & heure d’été… quelle compatibilité ?

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