Antalaha ou la plaque tournante de la Vanille malgache !

Cap Masoala, Madagascar (Octobre 2007)

Cap Masoala, Madagascar (Octobre 2007)

 

Pour prolonger encore un peu l’été, profiter de ses douces journées et se laisser dorer par son soleil généreux, quoi de mieux qu’une escale exotique et riche en senteurs dans l’Océan Indien ? Alors que la vanille embaume nos cocktails et salades de fruits estivales, cap sur le nord-est malgache, haut-lieu de production mondiale de cet arôme si parfumé et odorant…

Une économie historique mais fragile…

Dans la péninsule difficile d’accès du Cap Masoala, au nord-est de la grande île, sur la côte du palissandre et des pirates, le peuple côtier Betsimsaraka vit au rythme des récoltes, entre les eaux turquoise de l’Océan Indien et les verts intenses de la forêt primaire.

Région dépourvue de toutes infrastructures, mais regorgeant de richesses naturelles, dont une faune et une flore exceptionnelles, la côte qui relie Maroantsetra à Antalaha offre plus d’une escale aux fragrances insulaires…

Suivre les méandres de ce sentier côtier préservé en se laissant guider par les doux arômes de fruits et de senteurs exotiques, entre randonnées et rencontres, c’est partir à la découverte d’un secret jalousement gardé.

Litchis, ananas ou clous de girofle, cette randonnée entre mer et jungle, cocktail aux doux arômes sucrés et variés, parfume avec légèreté le quotidien des villages Betsimsaraka.

A travers les girofliers ou les champs d’ananas, le paysage de brousse cède parfois la place aux cultures et plantations. Les arbres fruitiers forment une interminable haie luxuriante et généreuse autour du sentier.

Celui-ci traverse de nombreux villages, multipliant ainsi les occasions de rencontres et d’échanges. La nonchalance générale nous transporte dans un tout autre temps : « Mora-mora », le temps présent est Roi.

Tantôt, les femmes sont occupées à tisser l’osier. Tantôt, elles trient la vanille à l’ombre des arbres luxuriants ou sous les varangues, pendant que les enfants courent sur dans nos pas.

Notre guide bien attentionné s’échappe et disparaît dans l’un des villages, à la quête de vanille fraîche. Quelques instants plus tard, il revient et nous rapporte à chacun des bottes entières généreusement fournies. Il nous annonce son prix d’ami : 5 € le kilo ! Le marché conclu, nous repartons véritablement gagnants, les brins de cet or noir n’ayant visiblement pas été pesés, mais négociés de la main à la main en direct avec les producteurs.

Les gousses luisantes encore grasses glissent dans nos mains comme un richesse sans valeur, inestimable. Il ne pouvait nous offrir de plus beau souvenir de ce coin de paradis aux senteurs sucrées et parfumées.

A la sortie de la brousse, nous nous retrouvons face à face avec la piste de l’aéroport d’Antalaha, perdue dans un écrin de verdure.

copyright LC

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Antalaha ou le Triangle de l’arôme noir…

L’odeur unique qui s’échappe des sentiers bordés de plantations odorantes nous paraît déjà loin. Notre aventure en pays Betsimsaraka n’est plus que souvenir. Nous voici à présent sur un terrain d’une toute autre réalité.

Florissant à l’achèvement de la colonisation française grâce la construction de son port, cette petite ville aux airs de bout du monde voit transiter plus de 50% de la production mondiale de la vanille depuis la moitié du XXième siècle.

Malgré sa réputation internationale et son statut de capitale, Antalaha se présente à première vue comme une modeste bourgade, même si elle profite d’une position stratégique dans ses échanges commerciaux. Le marché – qui semble avoir perdu de son animation à cette heure tardive de la journée – est réduit à un tout petit périmètre et dénué d’intérêt. Les nombreux chantiers de boutres laisseraient presque penser que l’activité navale fait la réputation de la ville et de ses environs.

Pourtant, Antalaha embaume définitivement la vanille.

Pour répondre à notre curiosité typiquement occidentale, notre guide recherche désespérément l’adresse d’un atelier de transformation de vanille à visiter. Nous le surprenons même au petit matin, la bible du Routard sous le bras, à la quête de l’impossible. Les malgaches ne comprennent pas de quelles intentions peut être animé un groupe de 5 vazahas à pénétrer une coopérative de si bonne heure. Finalement, l’une d’entre elle finit par nous accorder une visite succincte. Les employés, des femmes pour la majorité, nous accueillent le sourire aux lèvres, prêtes à nous dévoiler le secret de cet arôme divin.

@LiliClaude

@LiliClaude

Nos voeux sont enfin exaucés, l’Aventure au doux parfum sucré peut s’arrêter ici… nous avons parcouru son histoire, à la rencontre de ceux qui lui donnent vie, jusqu’à ceux qui l’exportent aux 4 coins du monde. Demain, la vanille sera chargée sur de gros navires à destination des Etats-Unis, du Brésil, du Japon ou de la Chine, pour un tout voyage dont nous maîtrisons encore mal les enjeux…

Comme une très belle histoire, le parfum de cette plante sacrée de l’est malgache embaume à présent tous nos sens…

 

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2 réponses à “Antalaha ou la plaque tournante de la Vanille malgache !

  1. Cadeau! : quelques images de plus pour ton superbe article.

    Maintenant, le bureau embaume la vanille et en fermant les yeux je me transporte là bas.

    Une bisette parfumée.

    • Merci mon amie !!! Finalement, malgré les années, les souvenirs restent toujours aussi présents… les images, comme les odeurs ont su marquer nos rencontres avec douceur et simplicité !

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