Donner (du sens) ou recevoir : de l’altérité à l’universalité !

Entraînés dans la course effrénée aux cadeaux où le compte à rebours n’a de dénominateur commun avec le besoin consumériste que la vitesse exponentielle propulsée par les nouveaux codes sociétaux, la fin de l’année tend à nous aliéner des valeurs fondamentales qui gravitent autour de la fête de Noël. Exit la sensibilisation accrue à la notion de bienveillance que l’on nous inculte chaque jour dans le monde de l’entreprise. Que donner pour recevoir (bien) ?

Paradoxalement à ce que nous réserve l’inconnu, le voyage augmente naturellement cette propension à offrir à l’autre. Du simple sourire à l’échange, du partage à l’action : souvent libéré des liens qui le tiennent prisonnier d’un quotidien castrateur, l’esprit libre et disponible du voyageur diffuse une énergie singulière qui facilite les relations.

Bien supérieure au comportement de tous les jours, cette force de rayonnement induit une faculté d’ouverture inhabituelle. Perçues favorablement, ces vibrations offrent plus d’une occasion d’interactions pour briser les différences et explorer l’altérité dans la sincérité de l’instant.

Ainsi, on reçoit ici un sourire et là, on répète un refrain appris gaiement sur le chemin. Soudain, je me surprends à improviser une danse sous le fromager d’un village de brousse malgache au rythme du djembé.

Un matin, je me trouve troublée par le geste confiant d’une jeune maman qui me tend son bébé dans les bras dans un train lancée à grande vitesse à travers l’état indien du Karnataka

Quelques années plus tard, je me laisse attendrir par l’enthousiasme d’une fillette et de son petit frère rencontrés sur la baie de Santé-Fe au Vénézuela, des êtres drôles, curieux et adorables qui m’adoptent au premier sourire jusque à l’heure de la séparation.

Puis, un jour, je m’amuse à animer un atelier photos avec les enfants d’un village amérindien sur les rives d’un fleuve couleur Coca-Cola.

Le lendemain, je me retrouve actrice dans une classe malgache qui vient tout juste de ré-ouvrir après le passage d’un cyclone dévastateur. Devant les regards timides et curieux des jeunes écoliers, on fabrique des cerfs-volants que l’on lâchera ensemble sur la grande plage au soleil couchant, entre brousse et océan.

De l’Aventure humaine au tourisme solidaire…

Une intervention qui s’intègre dans le cadre d’un projet pilote de développement durable géré les membres d’une communauté de villageois. Soutenant les actions de tourisme solidaire, l’association française Libertalia les guide dans la mise en place opérationnelle, afin de les aider à développer une économie locale basée sur l’écotourisme.

Ce séjour dans l’est malgache se pose comme ma deuxième expérience de tourisme participatif sur le continent africain.

La première remontant 10 ans en amont dans le sud du Sénégal, à la frontière de la Guinée Bissau. C’est en basse-Casamance, une région pilote ayant servi de laboratoire dans le début des années 70,  que le concept de « Tourisme rural intégré » a pris forme à travers la gestion de campements communautaires ou « campements villageois ».

Berceau du tourisme responsable, cette région fut l’un des premiers modèles de tourisme alternatif et solidaire d’Afrique, axé sur la découverte de la population Diola, un peuple animiste aux traditions vivaces.

Nourrie d’authenticité et de justesse, qu’elle ait lieu en Afrique, en Asie ou en Amérique du sud, la rencontre se base toujours sur le respect et l’échange, contribuant ainsi à diminuer l’empreinte de notre passage sur la vie locale, tout en teintant le voyage d’une bouffée d’humanité.

L’expérience d’une immersion dans des villages reculés où les traditions rurales et les savoirs ancestraux rythment le quotidien, favorise naturellement ces moments de partage.

En-dehors de ces actions où l’on apporte chacun un édifice à une entreprise collective, restent autant de plaisirs simples comme celui de partager la saveur du thé âpre tandis que l’on gratte trois accords de musique autour d’un feu qui crépite pour se remémorer les moments les plus délicieux de la journée.

Déclarés langages universels, la danse ou la musique aident également à porter avec légèreté et simplicité ces moments de partage qui rassemblent souvent plusieurs générations, sans jamais freiner les éclats de rire et les sourires les plus timides.

 

De l’immersion au tourisme solidaire porteur de projets de développement durable qui profitent aux populations locales, en passant par les voyages microscopiques réalisés au pied de chez soi : au cours de chacun d’eux, on engage une part de soi qui s’exprime à travers un signal (tantôt retranscrit par une parole, tantôt par un geste ou une action) que l’autre sera capable de percevoir et de retranscrire. Ainsi, se déclenche l’interaction, et cela indépendamment de la nature des enjeux et des objectifs initiaux de l’engagement.

En l’interprétant de cette manière, on pourrait s’appuyer sur les principes de la fameuse loi de l’attraction pour argumenter les causes et le déroulement de la rencontre.

Au-delà des théories et des concepts, si l’on tient compte que toute expérience spirituelle passe par la connaissance de soi, ne peut-on pas avancer que toute aventure humaine nous ramène vraisemblablement enrichi, grandi.

En d’autres mots, servant de véritable leçon de vie, le voyage devient un levier personnel pour nous aider à trouver notre chemin. Ecouter sa propre nature, son cœur pour donner avec la plus belle des sincérités…

Or, n’y a- il pas justement de plus bel acte que celui de donner, afin de véhiculer à plus grande échelle compassion et bienveillance au-delà des frontières ?

Si tous les êtres humains prenaient conscience de la puissance de cette valeur, la vie ne se chargerait-elle pas d’un sens autrement plus utile et fédérateur dans le monde ?

Ainsi, doués d’émotions et d’une sensibilité communes, on deviendrait, sans même s’en apercevoir, ce citoyen du monde comme le décrit Yann-Arthus Bertrand dans son documentaire humaniste et engagé : Human.

Si, comme l’écrivait le sociologue Alain, « l’espérance fait advenir les raisons d’espérer », est-il vraiment utile de croire au Père-Noël ? Ne serait-il pas plus fort de donner (du sens) en agissant que de se contenter de laisser espérer ? 


Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec 2 sacs : l’un pour donner, l’autre pour recevoir. Johann Wolfgang Von Goethe.

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