Navigation dans l’archipel des Raja Ampat : l’Odyssée des pirates en terre Papoue…

15 février, préambule.

Une ambiance chaleureuse et familiale… Un sentiment ordinaire ? Et pourtant ! Derrière les sourires et les jeux innocents des enfants, rien ne laissait présager que se dessinait un départ exceptionnel. Jusqu’à l’heure même du départ. Que cette journée aux airs de déjà vu, de déjà vécu, se prolongerait par une belle et vraie aventure. Dans cette attente, je me laisse porter par ce flots d‘attentions délicieuses dont me régalent les enfants de mon amie de toujours.

Quand vient l’heure de me conduire à l’aéroport, les moments de jeu et de partage se nourrissent déjà de légèreté. Le temps semble déjà arrêté, laissant les obligations professionnelles bien loin de mes préoccupations du moment.

A présent, libre à moi de savourer l’instant, précieusement, tel qu’il se présente. Prête pour ce grand et lointain voyage.

Ce qui ne teinte en rien la séparation, celle-ci restant aussi heureuse que les moments joyeux qui ont précédé l’heure du départ.

L’âme détendue, plus sereine que jamais, me voici armée de patience pour supporter les longues heures de vol qui me permettront de rejoindre ce qui constituera mon petit paradis pour les prochaines semaines… cap sur les Raja Ampat !

L’exotisme de ce nom requiert bien quelques efforts… Pour atteindre ce bout du monde, pas moins de 4 avions, suivis d’un transfert en ferry ; Frédéric Lopez n’a plus qu’à aller se rasseoir, la Papouasie se mérite !

Paris-Doha-Jakarta-Makassar-Sorong : joli plan de vol avec quelques longues escales pour être sûr de ne pas manquer les correspondances… il suffirait d’une histoire de malchance ou de quelques minutes d’inattention, pas question de manquer un seul avion !

Tout le voyage va donc consister à ne pas compter les heures de vol, ni les heures d’attente pour survivre au jetlag, ce décalage horaire cumulé au manque de sommeil.

Après une visite approfondie des aéroports nationaux et internationaux de Jakarta, c’est une bonne averse tropicale qui remet nos pendules à l’heure à notre arrivée à Makassar.

Nos bagages se souviendront autant que nous de cet épisode pluvieux malencontreux, portant en eux quelques traces de cette averse, cumulées à l’humidité ambiante durant quelques longues heures.

Nous voici dans le bain, prêts pour une aventure bien arrosée et gorgée de moiteur ambiante.

Si le prestataire attendu à Jakarta nous a fait faux bond, notre guide officiel, Benjamin, nous accueille avec ponctualité à Sorong, nous proposant d’embarquer directement sur notre « cheval de croisière », le Nataraja ou Seigneur de la danse.

Une goélette de 28 mètres qui allie les techniques de charpenterie navale française avec le savoir-faire de l’école traditionnelle indonésienne.

Par sa robustesse, la qualité de son bois, ses espaces spacieux et parfaitement aménagés, le Nataraja, du haut de ses 1 an, accueille les aventuriers dans un confort 4 étoiles avec toutes les conditions réunies pour l’exploration des archipels les plus isolés et les plus sauvages d’Indonésie.

Pour éviter de nous faire encore jouer les prolongations du voyage sans fin, nous acceptons sans détours la proposition de monter à bord dès notre arrivée, plutôt que d’embarquer sur le ferry local soumis à la température ambiante pour plusieurs heures de traversée.

L’un comme l’autre, voici l’occasion de découvrir les particularités du port de Sorong. En guise de port, un embarquement modeste, pas même visible depuis la route.

En revanche, au regard de la diversité, l’activité qui bat son plein dans ce lieu atypique nous réserve quelques surprises, bien plus dépaysantes que les klaxons tonitruants de la ville.

Carcasses colorées, embarcations de toutes les tailles, chaque centimètre carré dévoile son histoire et ses usages au fil des décennies. Ici, pas la moindre présence de tourisme, malgré quelques voiliers comme le nôtre, plantés dans la mer à quelques mètres de là.

Les dauphins nous accompagnent de plus ou moins loin lors de cette navigation qui nous conduit jusque l’archipel préservé des Raja Ampat, un ensemble de plus de 1500 îles situé à l’extrémité occidentale de la partie indonésienne de la Papouasie.

Pour prendre la température et détendre nos jambes engourdies après autant d’heures de vol, Benjamin nous emmène faire un premier snorkeling. L’occasion de découvrir un peu de la richesse sous-marine de cet archipel protégé situé au coeur du Triangle du Corail en Papouasie indonésienne.

Spectacle haut en couleurs dans un aquarium naturel baigné d’une eau cristalline, où la diversité des coraux rivalise de beauté avec la « robe » des poissons.

Difficile de sortir la tête de l’eau pour se mouvoir péniblement sur un bateau où la moiteur nous écrase totalement.

Après un sunset apéritif sur le pont supérieur du bateau, nous attendons le coucher de soleil pour redescendre sur terre, dîner et partir à l’exploration de Tapokren sur l’île de Friwibanda.

Juste en face, un minuscule îlot recouvert de végétation appartient à un sympathique Papou, souriant et bienveillant, un jeune père de famille qui a trouvé un créneau original pour nourrir son village, tout en préservant la nature.

Sur son minuscule bout de terre de quelques mètres carrés seulement, vivent 35 coco crabes, des crustacés au corps de langoustes qui se nourrissent exclusivement de noix de coco.

La quête de cet animal timide dans la pénombre de la nuit pimente notre escapade. Discrets, mais peu farouches, 3 crabes aux reflets bleus nous font de l’œil avant que nous ne retournions à bord du Nataraja pour la suite du programme.

Malgré les tentatives avortées de sieste, le sommeil ne saura nous protéger de Morphée. Nous sombrons dans un profond sommeil, laissant derrière nous les souvenirs et aléas de notre long voyage… et devant nous place à la découverte.

 

JOUR 2 au Paradise…

Après une première bataille à cause de la moiteur de la cabine, voici la deuxième bataille, celle du réveil… Il est environ 4h30 quand je décide de ne plus insister à trouver le sommeil, le jetlag opérant encore. Du coup, nous répondons présentes presque aussi rapidement.

La journée de la veille s’étant terminée par une balade nocturne, nous entamons celle-ci par un départ à la frontale.

Une incursion à terre pour pallier à la rencontre du non moins fameux « Oiseau de paradis », connu pour la beauté de son chant, mais surtout pour sa parade nuptiale. Un moment de toute grâce où l’oiseau déploie sa couronne de plumes en entamant un jeu de séduction chorégraphié.

Malheureusement, nous n’avons pas dû laisser de pourboire suffisant à la nature pour être témoins de ce fabuleux spectacle. L’heureux oiseau n’aurait-il pas reçu ses cachets d’intermittent pour assurer une dernière représentation ?

Malgré ce léger désenchantement qui fait partie du jeu, la balade offre toutefois une belle opportunité de découverte, avec une première approche de la forêt primaire.

L’ascension à travers la végétation dense et luxuriante requiert quelques efforts d’acclimatation. Le terrain peu glissant se laisse piétiner sans trop de difficultés.

Le léger dénivelé offre une vue imprenable sur la baie et ses îlots montagneux. A pied de notre arbre, véritable tour d’observation, nous attendons le lever du jour.

Bercés par le chant des oiseaux, nous oublions presque le but de notre visite. Cela jusque au moment où notre ami Papou, ne croyant plus à la visite de l’artiste, nous suggère de redescendre de notre promontoire perché au sommet de l’île.

Nous rejoignons donc prudemment la plage jusqu’à une guest house construite sur pilotis.

Un copieux petit déjeuner à bord nous redonne quelques forces pour sortir explorer le village voisin. Malheureusement, à peine arrivés, le ciel déjà assombri ne retient plus ses gouttes.

Nous n’avons marché que quelques mètres dans la rue principale bordée d’une palissade colorée tandis que la pluie nous surprend plus vite que prévu.

A l’exception d’une rencontre avec un « couscous », un petit lémurien local endémique au poil brun tacheté de blanc, les échanges sont plutôt rapides, précipités à cause de l’averse.

L’accueil ne manque pourtant ni de curiosité ni de chaleur, les Papous sont souriants et peu intimidés.

Nous apprécions la nonchalance qui se dégage de leur village à la quiétude insulaire… Réfugiés dans la maison d’une jeune femme qui berce son bébé dans un hamac improvisé d’un drap suspendu au plafond, nous nous plaisons à regarder les plus grands jouer dans les flaques d’eau… Un plaisir universel, semble t’il si l’on considère comme ils s’en donnent à cœur joie.

 

La pluie s’abattant de plus en plus fort, nous décidons de retourner au bateau en kayak dans notre plus simple apparat.

La longue pause à bord nous offre une trêve réparatrice pour essuyer tant bien que mal les aléas du voyage.

Après une courte séance de stretching improvisée dans le living du Nataraja, c’est en kayak que nous partons cette fois explorer les différentes îles qui nous entourent.

La pluie s’est calmée et la quiétude des lieux dissout la pénibilité due à l’effort physique.

Presque trois heures de kayak en mer, un baptême à la fois tonique et contemplatif.

Autour de nos pagaies, les poissons sautent de tous les côtés. La mer s’est adoucie et légèrement retirée, dévoilant des bancs de sable qui diffusent de sublimes nuances de bleu, du turquoise à l’émeraude.

Rentrés au crépuscule, nous libérons nos muscles échaudés, le temps d’un moment gourmand et convivial qui pourrait s’éterniser dans un décor tout aussi enchanteur.

Le soleil ne nous autorise pas à l’admirer à son coucher comme le soir précédent, mais la nature n’est jamais en reste.

Voici un bel avant-goût de l’aventure qui nous attend les jours suivants…

JOUR 3.

4h30. Point de lever imposé ce matin. Seul l’équipage s’active pour lever les amarres au petit matin.

Le bruit du moteur ne nous empêche pas de nous rendormir.

La nuit entrecoupée de nombreux réveils laisse quelques traces de fatigue sur nos teints d’occidentaux. Si nous apprécions le confort du couchage et des cabines, la moiteur ambiante, elle, nous oblige à réduire nos déplacements. Aussi, le rangement de nos effets personnels en pâtit visiblement.

Ce matin, nous avons rejoint Yangefo. Une baie très ouverte où la mer s’étend à perte de vue. Et pourtant, le bleu intense de l’eau contraste avec le vert émeraude des marais avoisinants.

Au-delà de cet étonnant contraste qui fait toute la particularité de ce site, le spot a gagné sa réputation par la forte fréquentation de raies Manta qui ont élu domicile ici, à la croisée des courants.

Equipés pour notre snorkeling quotidien, nous partons observer ces géants de la mer avec une pointe d’appréhension ; un plongeon dans le grand bleu ne relève jamais d’un acte naturel.

Brouillée par le plancton, la qualité de l’eau offre une visibilité très moyenne alors que nous apercevons notre première Manta. Etant de passage probablement pour se nourrir seulement, nous la perdons de vue très rapidement.

A peine sommes nous remontés sur l’annexe, que le capitaine du bateau en désigne une seconde du doigt. Puis, une nouvelle raie s’invite dans la danse. Nous ne restons que quelques minutes seulement sur le bateau, l’équipage nous interpellant de nouveau.

A présent, c’est une véritable chorégraphie qui commence, un ballet presque trop parfait.

Les rayons de soleil filtrent dans la mer, la visibilité s’améliore rapidement.

Le spectacle gagne en intérêt et devient juste grandiose. S’en suit alors une danse dans laquelle 9 raies Manta composent une chorégraphie pleine de grâce et de légèreté.

 

Elles tournent en cercle, virevoltent, nous rasent à la surface puis reprennent le jeu, sans jamais se lasser. Comme des enfants, nous tentons de nous faire les plus petits et discrets possible.

Avec la peur de les gêner, voire de les effrayer. Mais la spirale qu’elles dessinent à travers des mouvements acrobatiques ne s’interrompt plus. Elles ne se lassent plus de nous donner le meilleur d’elles-mêmes avec une gratitude plus que reconnaissante.

Leur morphologie diffère d’un animal à l’autre… mâchoire en nacre, gorge déployée sur un rail de petits poissons jaunes ou tout de noir vêtues, les raies communiquent en toute harmonie. Leur pouvoir de séduction nous laisse bouche bée, nous sommes conquis.

Sans oublier ce moment de magie intense, nous partons fouler le sable sur l’île voisine d’Arborek.

Sous le ponton, des poissons tropicaux multicolores jouent à cache cache dans un jardin de corail ; totalement translucide, l’eau dévoile un aquarium naturel de toute beauté pour le spectacle des yeux.

A terre, le soleil nous assomme de ses lourds rayons. Malgré l’intérêt de la visite, la chaleur ralentit notre enthousiasme… le village semble déserté.

Les villageois sont-ils tous partis à la pêche ? Les enfants pratiquent-ils l’école buissonnière ?

Ici, les homestay commencent à pousser comme des champignons. Un signe que les papous commencent à être habitués au passage des touristes.

Les maisons colorées toutes plus coquettes les unes que les autres rivalisent avec les teintes des allées odorantes, toujours parfaitement entretenues.

Sur le ponton, les enfants nous accueillent avec spontanéité. Nous devenons alors les spectateurs d’un jeu d’enfant pour les encourager un à un dans une série de plongeons qui s’enchaînent sans jamais s’arrêter.

Ravis de notre intérêt pour leur passe-temps favori improvisé sous nos yeux, ils nous remercient de leurs sourires candides et de leurs « check » de la main envoyés à la volée depuis le ponton.

Quel dommage de ne pas pouvoir prolonger davantage cet échange qui a eu lieu avec tellement de naturel et de bonne humeur en quelques instants seulement.

Sans transition, nous retournons dans notre écrin de verdure où le kaléidoscope de verts intenses se laisse teinter d’un bleu lagon à la transparence tout juste irréelle…

Après une baignade initiatique pour certains, agrémentée d’adrénaline suite à un premier face à face avec un requin de taille moyenne (environ 1,50 mètres de longueur), nous nous glissons dans nos kayaks, le temps d’une balade insolite dans la mangrove.

Les bras des palétuviers plongent dans une eau cristalline où les coraux se reflètent en parfaite harmonie. Le glissement de nos pagaies dans l’eau accentue naturellement le plaisir de l’immersion, dans un espace-temps où tout n’est que quiétude et nature à l’état pur.

Nous prolongeons cet émerveillement par un apéritif sur le toit du bateau, étourdis par le chant des oiseaux qui sifflent en haut des arbres millénaires. Soudain, on distingue l’envol d’un héron, puis celui d’une colonie de perroquets.

Alors que le ciel parsemé d’étoiles filantes augmente encore la magie de la contemplation, des guirlandes de lucioles drapent la canopée, sublimant cet instant d’extase.

C’est dans cet état de légèreté, nourris par la beauté de la nature, de rêves d’enfants jamais encore réalisés et avec des étoiles plein les yeux, que nous pouvons rejoindre nos matelas pour la nuit.

 

JOUR 4.

Il fait nuit noire, la nature sommeille comme la plupart des passagers du Nataraja. Perchée sur le toit du bateau où j’avais choisi de poser mon camp de base pour la nuit, histoire de prolonger la féerie du spectacle de la veille, je n’arrive plus à fermer l’œil.

Ici, même au bout du monde, dans cet endroit perdu au milieu de nulle part, tout est pourtant sécurisant et loin d’être stressant.

Le clapotis de l’eau qui nous berce, les étoiles qui s’étirent dans le ciel pour qu’on les compte avant de s’endormir, à défaut d’être capable de les nommer et le grand air tout autour de moi qui entretient un sentiment de légèreté et de liberté si grand, si insaisissable.

Soudain, la nature reprend le dessus… Petit à petit, les oiseaux s’éveillent, les bruits, légers et tous aussi chargés de musicalité gagnent du terrain.

A quelques mètres du bateau seulement, on aperçoit un petit aileron qui tournoie en rond autour du bateau… serait-ce un requin citron ?

Pour le savoir, nous décidons rapidement de monter dans nos kayaks pour partir à sa trace, mais en vain ; notre bel inconnu ne nous aura pas attendu pour quitter les lieux.

A défaut de pouvoir vivre cette rencontre, nous partons pour un nouveau snorkeling le long d’une plage où nous pouvons nous échouer quelques instants ensuite en traînant nos pieds dans le sable blanc.

En deux groupes distincts, nous nous séparons à présent… A mon tour de partir en kayak dans les îles et sites alentours qui recensent chacun des intérêts variés.

La première plage, véritable eden de tranquillité et de solitude, nous offre quelques trésors terrestres. Ici, nous ramassons chacun avec délicatesse des coquillages aux formes coniques, aux rondeurs polies dans lesquels on pourrait tendre une oreille pour écouter la mer… De vrais mastodontes que nous cherchons comme des enfants cherchent les oeufs à Pâques. Dans un décor de carte postale où deux bungalows sur pilotis semblent laissés à l’abandon, juste là, les pieds dans l’eau face à l’horizon.

Eau cristalline, coraux et sable blanc labellisé « extra fin »… le décor est planté on ne peut plus paradisiaque !

Durant la navigation qui suit, chacun s’adonne à ses activités favorites… avec séances d’écriture et de lecture, alternées par des distractions non programmées comme le passage d’un banc de dauphins tout près du bateau.

Arrivés au mouillage de Wofo, un décor, lui, plus ouvert, nous partons illico en kayak en reconnaissance. Nous longeons de hautes falaises karstiques couvertes de végétation où j’imagine poser les mains pour grimper, me hisser et accéder au sommet.

A l’heure de l’apéritif calée sur celle du sunset, nous rejoignons le toit du bateau. Ce soir, un majestueux coucher de soleil nous envahit d’un sentiment de bien-être partagé… What else ?

 

Ici, on accepterait volontiers que ce plaisir de se sentir seuls au monde, sans contraintes ni inquiétudes, se prolonge davantage. Que personne ne révèle cet endroit secret. Afin que nous y restions sans y être jamais dérangés.

Au-dessus de nos têtes, les nuages s’étirent, teintant le ciel de 1001 couleurs flamboyantes qui se reflètent dans la mer… Face à nous, encore, l’île de Robinson ou celle de Vendredi, qui sait ?

Et, à défaut d’y passer la nuit, on souhaiterait bien s’aventurer à l’ombre sous de grands cocotiers.

Mais la plage, une crique de rêve, est déjà bien à l’ombre et le soleil disparaît de plus en plus bas.

Cette nuit, le vent tourne et souffle plus fort qu’aucune nuit encore, parvenant à déplacer cette poussière d’étoiles qui semblait nous protéger jusqu’ici.

 

JOUR 5.

Après cette nuit bien mouvementée, balancée sur le pont par le vent, mais les poumons emplis d’air, je décide de quitter ma couche tandis que le Nataraja lève l’ancre à l’aube ; il doit être environ 5 heures du matin, pas plus tard…

Toujours prêts à affronter les éléments naturels, nous commençons la journée par un snorkeling en pleine mer quelque peu houleux qui relève d’une expédition commando.

Un départ périlleux dans une mer agitée et un peu en partie trouble… La seule surprise que nous apercevons, ce sont des raies et des méduses qui désignent deux proies parmi les personnes du groupe.

Pour nous remettre de nos émotions, nous retournons déjeuner tranquillement et surtout copieusement sur le bateau, le temps de poursuivre la navigation jusqu’à Eagle Rock, un spot de plongée célèbre pour ses raies Manta.

Le snorkeling évolue autour de 3 cailloux, 3 promontoires rocheux disposés en pleine mer les uns à côté des autres.

Une tortue nous montre son dos pour nous remercier de la visite.

Vient ensuite l’heure de poursuivre la navigation jusqu’à Wayag, l’archipel le plus éloigné des Raja Ampat, la dernière frontière avant Hawaï.

Peu de bateaux en itinérance explorent encore cet enchevêtrement de pitons karstiques.

Marquant le point d’orgue de notre voyage, Wayag nous réserve 3 jours d’exploration dans un cadre de bout du monde totalement déconnecté de la civilisation et où tout n’est que vie sauvage préservée ; un petit paradis encore très peu fréquenté.

Les courant nous portant dans le bon sens, nous arrivons plus vite que prévu à l’entrée de ce dédale de roches, de mangroves et de criques ourlées de sable blanc.

Mais, juste un peu avant, à 11 heures exactement, nous passons l’Equateur… Nous immortalisons ce moment en musique en dégustant une bouteille de vin rouge.

A bord, règne une humeur joyeuse et bon enfant, comme si nous avions passé « un cap » qui n’est pourtant qu’une ligne imaginaire.

Nous commençons l’exploration de Wayag par un snorkeling face au mouillage, un superbe jardin de corail avec très peu de fond.

Dans cette eau calme et tiède, difficile de ne pas résister à la tentation de s’échouer sur la plage.

A défaut de bain de soleil, nous détendons nos muscles et apaisons nos esprit avec une courte séance de stretching, les pieds dans le sable blanc.

L’équipage nous rejoint en annexe pour nous apporter des rafraîchissements… que demande le peuple ?

Petit à petit, le ciel se dégage un peu, juste le temps de donner plus de volume et de contrastes aux reliefs qui nous entourent.

Wayag, c’est la carte postale, une copie de Palaos, un minuscule archipel de Micronésie perdu au large des Philippines en plein Océan Pacifique.

Nous nous aventurons en kayak dans ce méandre de canaux au pied des falaises karstiques. Mais le soleil étant déjà très bas, l’ombre retient la lumière et les masses sombres offrent peu de contrastes avec l’environnement.

Nous faisons une halte sur une plage bordée d’une forêt primaire. A quelques mètres de l’eau seulement, de très grands arbres aux troncs géants et massifs sur lesquels courent de solides lianes.

Ici, la magie du kayak trouve toute sa dimension. On apprécie de se déplacer sans émettre un seul bruit, hormis celui de la pagaie qui soulève délicatement l’eau dans un silence salvateur.

Ce moment de quiétude au cœur d’une nature exubérante nous donne l’impression de vivre quelques instants privilégiés qui résonnent avec harmonie.

Puis, on rejoint le large où nous arrêtons nos montures. On stabilise les kayaks en pleine mer face au soleil couchant ; les nuages sont bas, mais nous apprécions plus que jamais ce moment de contemplation et de silence…

Soudain, dans ce silence, un poisson voltigeur nous salue d’un saut acrobatique à un mètre de nos pagaies seulement. Nous avons ainsi l’impression d’être récompensés de notre écoute, de la façon dont nous vivons l’immersion nature avec osmose et respect.

Encore une fois, ce soir, la nuit est agitée ; le vent s’est éteint, les nuages ont gagné la course, la pluie nous rince… En deux temps trois mouvements, en pleine nuit, nous devons nous réfugier de toute urgence sur le pont inférieur et transporter nos matelas ainsi que nos affaires personnelles en quelques minutes seulement.

L’expérience du commando du matin nous aura servi ; nous sommes toujours prêts à improviser face aux éléments et aux caprices de la nature…

JOUR 6.

Le Nataraja a tangué toute la nuit…

Après notre traditionnel et copieux petit déjeuner quotidien, nous rejoignons une plage de sable blanc paradisiaque, point de départ d’une balade acrobatique dans un chemin qui se hisse à travers la falaise karstique.

Quelques pas d’escalade, de bonnes prises dans un chemin non glissant qui s’élève verticalement, mais sans difficultés. La montée accélère rapidement le rythme cardiaque.

Ce matin, nous ne sommes pas vraiment seuls.

Des plongeurs américains, tous habillés du t-shirt de leur voyagiste et de tongs et tous façonnés plus ou moins sur le même format en terme de carrure et de musculature,  nous doublent torses nus, le muscle saillant, doré par le soleil.

Cette rapide ascension nous offre une vue panoramique et plongeante sur toute la baie de Wayag

Le soleil filtre à travers les nuages ; l’eau, tellement claire et cristalline, nous permet de distinguer le relief des coraux. On aperçoit même la silhouette d’une tortue et celle d’un requin qui se faufile dans les fonds sablonneux… just amazing au vu de la hauteur à laquelle nous sommes perchés !

Puis, nous profitons de ce petit paradis pour nous seuls. Les spead boats indonésiens qui viennent accoster sur la plage sans se soucier des coraux ont enfin quitté les lieux.

Nous traînons les pieds sur le sable fin avant de repartir en snorkeling depuis la plage.

Ici, l’eau est tiède, la baie étant totalement protégée du vent et des courants.

Je croise une tortue en position statique, puis un bébé requin… La façon dont il nous observe sans même dévier de trajectoire, avec l’œil avisé du prédateur, peu commode… Une bien majestueuse rencontre que ce premier face à face aussi proche avec un requin.

Cette petite sortie matinale mérite bien une nouvelle sieste, à minima pour se remettre de la nuit mouvementée. Ne dit-on pas que les siestes sont réparatrices ?

Le plus difficile étant de sortir son corps de la moiteur et de cet état léthargique qui suit l’endormissement, j’accepte de me glisser dans l’eau depuis l’échelle pour trouver un peu de fraîcheur et de dynamisme ; cette immersion va s’avérer en effet bien plus efficace qu’une tasse de café !

De nouveau opérationnelle, je participe à un nouveau départ en kayak dans la mangrove de mer, à travers le dédale d’îlots karstiques et vertigineux de Wayag.

Nous restons étonnamment surpris de la clarté des fonds marins. Lorsque les nuages s’assombrissent, l’eau se teinte de verts tous plus intenses que lumineux. Parfois, l’eau devient totalement émeraude. Et le reflet de ces grands arbres millénaires qui se miroitent dans les profondeurs procure un sentiment de plénitude rafraîchissant. Complaisant et ressourçant.

Nous rasons avec nos pagaies deux bébés requins qui se promènent librement et en toute tranquillité. Connue pour protéger des prédateurs et des courants, la mangrove joue une fonction de nurserie, abritant les petits modèles seulement.

Puis, c’est une raie qui flotte à quelques mètres de notre pagaie.

Vraiment exceptionnelle que cette mangrove sur un jardin de corail aussi riche et préservé, mes yeux ne se lassent pas du spectacle.

Nous poursuivons la balade avec une activité ludique et plus variée : un snorkeling dans un courant sans danger… La tête toujours plongée dans l’eau, nous nous laissons porter et dériver par la force du courant qui nous ramène jusqu’à la plage où nous avons laissé nos kayaks.

Je recommence le manège une deuxième fois… Et, c’est la toute ma chance puisqu’une tortue prend la fuite juste devant mon masque ! J’essaye de nager à contre-courant pour la suivre, mais à bout de souffle, mes efforts sont vains. Bien que aquatique de nature, je n’ai pas les mêmes prédispositions qu’elle, je n’évolue pas vraiment dans « mon milieu » ici…

Nous rejoignons nos compagnons de voyage partis se réfugier à l’entrée de la forêt primaire ; ils se sont groupés autour d’un feu que le capitaine a allumé pour les réchauffer. Et on déguste, toujours dans le luxe, encas et boissons fraîches… quel service !

Puis, nous reprenons les pagaies. Leur mouvement répétitif associé au bruit de l’eau nous berce dans une quiétude parfaitement relaxante, malgré l’effort pour faire avancer nos embarcations. Les kayaks glissent sans bruit ou presque sur l’eau. Rapidement, nous sommes transportés ailleurs et la magie des Raja Ampat opère.

Quel écrin de biodiversité ! Dans ce lieu sauvage à la richesse naturelle insoupçonnée, on n’entend plus que le chant des oiseaux venu égayer cette atmosphère onirique.

Benjamin lance un petit jeu pour pimenter la balade ; il nous défie de trouver le chemin du retour à travers le labyrinthe dans lequel nous nous sommes enfoncés.

A défaut de tomber nez à nez avec le bateau, nous débouchons en pleine mer, juste à temps pour admirer le soleil couchant.

Nous rapprochons les kayaks les uns contre les autres, silencieusement ou presque car on ne peut pas empêcher une blague graveleuse de fuser dans les airs, histoire d’engager une partie de franche rigolade.

Le soleil joue à cache cache avec les nuages. Nous restons là, impassibles, à admirer la beauté de la nature. Et à nous nourrir de cette tranquillité.

Sur le chemin du retour, nous apercevons la dernière frontière avant le Pacifique ; ici, les roches au pied desquelles nous pagayons constituent les dernières terres avant Hawaï.

Par leur symbolique, les rouleaux qui s’éclatent devant nous invitent à tester la vague avec nos kayaks.

Benjamin nous initie donc rapidement au surf en kayak de mer… Le résultat sera plus ou moins convainquant, même si  nous parvenons malgré tout à rejoindre les eaux plus calmes qui s’apaisent juste derrière cette barrière de rouleaux.

Physique mais amusant, ce petit jeu restera une expérience inédite, une anecdote de plus à raconter à notre retour.

Pour la bonne cause, nous avons le droit de repartir en annexe pour devenir spectateurs !

Derrière nous, les kayaks en file indienne que nous remorquons… les kayaks, que Benjamin essaye d’apprivoiser le temps d’un numéro d’équilibre inédit comme des chevaux de cirque que Benjamin. Sur une jambe, puis sur la tête ? Même pas cap’ ! Non, une vague arrête subitement ses acrobaties. Et c’est de peu qu’il évite le Nataraja

La journée se termine par un temps de repos sur le living. Dans cet état de bien-être absolu, on se régale à observer les lucioles qui fourmillent de partout dans la végétation, brillant de 1000 feux dans la nuit. Loin de toute civilisation, la nature est plus belle que jamais…

 

JOUR 7.

23 février : nous y sommes ! Je sais à présent à quoi ressemble le lieu où je vais fêter mon anniversaire… Et la carte postale se présente déjà parfaitement bien dès les premières lueurs du jour. Les falaises de l’archipel apparaissent en ombres chinoises, tout en se reflétant dans les eaux calmes de Wayag.

Le ciel s’embrase et le soleil étire ses premiers rayons flamboyants sur la mer. Juste fantasmagorique, ce lever de soleil dans un cadre naturel aussi exceptionnel nous laisse sans mots, perdus dans la contemplation pure, face à une nature aussi belle que surprenante…

Autour de nous, la vie s’éveille timidement, les oiseaux chuchotent leurs premières notes. Juste avant que le jour ne se lève totalement, l’aube teinte les masses karstiques qui nous entourent de couleurs chaudes… devant une telle oeuvre de la nature, la magie continue d’opérer.

Un instant, nous réalisons que nous sommes le seul bateau de le baie à profiter de ce spectacle paradisiaque… un privilège plutôt rare qu’il faut savoir apprécier, n’est-ce pas ?

Encore emplis d’émotions, nous poursuivons notre réveil en douceur avec une séance de stretching sur le pont dans l’intimité.

Puis, la pluie revient nous chanter son refrain préféré, mélancolique et lancinant.

Nous retardons un peu notre sortie pour un snorkeling lumineux et coloré le long d’une belle plage où nous ramassons d’énormes et imposants coquillages. Nous passons un long moment la tête dans l’eau à palmer derrière les poissons tellement la diversité sous-marine est extraordinairement riche et variée.

Sous l’eau, absorbés par le décor des coraux et des gorgones, nous perdons toute notion du temps.

Jusqu’à une nouvelle rincée équatoriale qui nous accueille pour notre retour, le temps propice d’une sieste réparatrice.

Quand arrive l’heure de déplacer le bateau pour le sortir de notre cocon, une baie préservée et protégée, impossible de sortir l’ancre. Nos marins font tourner le bateau par de petites rotations pour tenter de faire bouger l’ancre. En vain.

Bien décidé à débloquer la situation au plus vite, Benjamin enfile sa combinaison, saute du bateau et plonge. Le cordage attaché à la chaîne s’était malencontreusement enroulé autour d’un rocher.

Nous pouvons donc poursuivre notre avancée dans ce dédale de falaises, tout en mesurant avec prudence la hauteur de l’eau. Ici, la navigation n’est pas aisée. Mais l’équipage est soudé, toujours souriant et volontaire.

A bord, ils sont en permanence aux petits soins, toujours prêts à nous rendre service et à nous faire plaisir avec discrétion et efficacité.

Quand il s’agit d’embarquer ou de débarquer avec l’annexe, ils nous hissent par les bras et se chargent aussitôt de rincer notre matériel ; un vrai plaisir au quotidien !

A la moindre goutte de pluie, le linge est rangé et soigneusement plié. Comme dans les hôtels de Bali, les serviettes pliées sur le lit représentent des formes d’oiseaux imaginaires… L’école balinaise ou le raffinement indonésien !

La cuisine ouverte permet de côtoyer notre chef cuisinier et son assistant, tout en les regardant travailler. Coiffé d’un bandana rouge et d’un pantalon qui lui descend sous le caleçon, notre « chef » incarne à lui seul le visage de la jeunesse indonésienne.

Quand ils ont terminé le service et la vaisselle, ils se posent sur le pont avant, grattent trois accords sur leur guitare, des notes qui s’envolent dans le ciel étoilé, exprimant toute la légèreté de ce moment de détente qu’ils apprécient autant que nous, d’ailleurs.

A présent, ils sont doublement occupés ; une soirée surprise se prépare sur la plage juste en face… les préparatifs nous laissent donc suffisamment de temps pour une dernière virée en PMT pour certains ou en kayak pour d’autres.

Ayant perdu ma coéquipière de chambre et de kayak, je m’invite sur celui de Benjamin, ravie de me laisser guidée sans utiliser toutes les forces de mes muscles. Nous révisons ensemble les gestes basiques avant de nous aventurer une dernière fois dans ce méandre de marécages aux eaux cristallines et émeraude.

Une promenade plus courte que d’ordinaire car, ce soir, on nous a concocté un programme spécial : un barbecue de poisson sur la plage…

Au-delà de la convivialité que promet ce dîner d’exception, c’est le lieu lui-même, spécialement emménagé pour nous accueillir, qui nous séduit ; un camp éphémère installé sous les arbres et éclairé d’ampoules lumineuses de toutes les couleurs.

Cet éclairage fonctionne grâce à la puissance d’un générateur rapporté sur les lieux pour l’occasion.

Confortablement installés sur nos poufs à billes, nous dégustons un délicieux Golden Fish grillé dans la braise, après un apéritif joyeux et bon enfant.

Mais la « surprise du chef » reste le clou du spectacle… Alors que nous finissons quelques tranches de pastèque aux vertus digestives, la fine équipe du Nataraja arrive soudain avec un gourmand gâteau au chocolat couronné d’une bougie. Sa forme de cœur sème le trouble… serait-ce un message subliminal ?

Peu importe les interrogations des plus curieux, je profite de ce privilège jusqu’au bout en appréciant le ciel étoilé au-dessus de mon esprit heureux et égaré.

 

JOUR 7.

Le bateau quitte une nouvelle fois le mouillage avant même que nous ne puissions observer le lever de soleil sur Wayag.

Aucune nécessité de s’activer pour une quelconque activité, c’est le début du trajet retour vers Sorong ; le bateau prend le large pour quelques heures de navigation.

Nous essuyons quelques grains, sans même nous apercevoir que nous avons passé la ligne de l’Equateur.

La mer est vaste et les îles montagneuses éparpillées sur cette grande étendue marine, tantôt houleuse, tantôt totalement plate, nous paraissent inatteignables.

Elles s’éloignent ainsi de l’horizon en apportant avec elle une part de mystère. Alors que la pluie redouble de plus bel, nous déclinons une nouvelle invitation snorkeling, peu convaincus par la visibilité sous l’eau par une telle météo…

D’ailleurs, ce choix va justement s’avérer plus tard constituer une  sage et prudente décision, notre second snorkeling à Eagle Rock nous réservant une excellente et bien meilleure surprise visibilité…

Après une mise à l’eau en mode commando, nous nous éloignons de la zone de plancton. Cette fois-ci, nous explorons le coin opposé à celui que nous avions premièrement découvert.

Les quelques gouttes qui nous avaient rincés dès notre mise à l’eau augmentent quelque peu notre degré de réticence et de doute… Petit à petit, le soleil commence à filtrer à travers les nuages ; le corail prend des couleurs et les fonds marins gagnent en clarté.

A présent, impossible de manquer le clou du spectacle, hormis, peut-être le passage éclair d’un requin de taille moyenne ?

Plus étonnante, une rencontre avec des poissons perroquets, une espèce marine pourtant peu courante dans les profondeurs abyssales.

Puis, soudain, comme une apparition divine, une raie manta fait son entrée, toujours aussi majestueuse. Nous la suivons sur quelques mètres en palmant un peu plus fort, un peu plus vite.

A présent, ce sont 2 puis 3, voire 4 raies dont un bébé qui partagent avec nous cette immersion marine. Certaines quittent parfois le lieu de la représentation ; elles s’éloignent un instant avant de réapparaître une nouvelle fois dans la ronde. L’une d’elle ne cesse de tournoyer autour d’un massif de corail. Le spectacle est saisissant et ne s’arrête que lorsque nous quittons la zone.

danse mantas 7

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A peine sommes-nous remontés sur l’annexe que les raies reviennent en surface pour mieux nous encercler.

Nous sommes véritablement heureux, comblés, prêts à reprendre la navigation pour quelques heures encore… Repas, sieste, pas question de se laisser porter encore longtemps par cet état de fatigue allié à une détente totale.

Une petite séance de stretching réveille nos muscles en douceur. Ces quelques exercices de contrôle terminés, nous approchons de notre prochain mouillage face à l’île de Penemu.

Le décor nous fait comprendre que nous nous sommes rapprochés de la civilisation ; tout autour du Nataraja, à l’horizon, des cargos et des bateaux de pêche de taille imposante.

Malgré un dernier grain, le soleil finit par filtrer péniblement mais sûrement pour laisser découvrir une longue langue de sable au milieu de l’eau. Les nuances de bleus nous comblent de leurs éclats et contrastes. Voici le point de départ idéal pour le dernier snorkeling de notre aventure.

Ici, la barrière de corail semble cercler l’île de Penemu.

Dans une mer si peu profonde, l’approche en snorkeling permet de nager au-dessus des poissons, à condition de lever les palmes pour éviter de casser le corail et se blesser par la même occasion. Nous croisons le regard reptilien d’une murène en position d’attaque derrière un minuscule rocher. Les coraux restent somptueux et les poissons paradent dans un défilé multicolore, tantôt en banc, tantôt en solitaire ou encore deux par deux.

Après cette longue plongée, nous poursuivons l’exploration côté terre. Alors que nous rejoignons le Nataraja, les cris des enfants sur les côtes promettent un moment riche en rencontres. Nos impressions ne sont vraisemblablement pas trompeuses. Plus nous approchons, plus l’enthousiasme est croissant et plus la spontanéité des échanges nous immerge dans la culture papoue avec simplicité. Nos guides de petite taille nous accompagnent jusque l’extrémité de l’île.

Juste derrière, le terrain de football est investi par de jeunes adolescents. Les rires fusent après des temps de retenue parfois maîtrisés puis oubliés. Jusque l’embarcadère, nos jeunes amis nous acclament encore, groupés tous ensemble au bout du ponton. Petits et plus grands, tous âges confondus, ils agitent leurs petits bras avec de larges sourires.

Leur joie de vivre et la spontanéité de leur accueil nous nourrissent de légèreté et de bien-être pour le reste de la soirée.

En leur souvenir, nous ouvrons sur le bateau les noix de coco rapportées de leur village. Eau de coco et copeaux feront office d’apéritif ce soir, alors que nous nous installons sur le pont supérieur du Nataraja.

Sans transition, nous levons ensuite l’ancre pour le Spizberg. Benjamin nous présente le film réalisé dans le cadre d’une émission TV Suisse : The Spot. Un concept inspiré de « Rendez-vous en terre inconnue », moins médiatisé et réalisé avec de plus petits moyens.

Dans le cadre de cette émission, il a accompagné une blogueuse lifestyle vivre une expérience insolite et sportive en kayak dans cette hostilité polaire.

Des rêves d’ours blancs et de banquise nous accompagnent cette nuit au pays de Morphée.

Au-dessus de nous, la voie lactée et le silence de la nuit pour nous guider au paradis… jusqu’à la prochaine averse équatoriale nocturne.

 

JOUR 8.

Les nuages se lèvent petit à petit à présent, l’averse est passée derrière nous.

Les dauphins arrivent en banc pour nous saluer ; ils filent et fusent devant la proue du bateau, échappant de peu à la coque. Sur les côtés du bateau, ils sautent hors de l’eau à grande vitesse.

C’est la première fois du séjour que nous en croisons autant et qu’ils jouent si longtemps à nos côtés ; un plaisir matinal qui ravit sans doute plus d’un navigateur. Ou le plaisir de naviguer en haute mer qui, chaque jour, nous réserve de nouvelles surprises.

Ce matin, nous cherchons les « seasight » les plus aériens pour avoir une vue d’ensemble sur l’archipel. Pour y accéder, un parcours aux échelles en bois s’engouffre dans la forêt, en longeant une falaise karstique.

Ici, la forte affluence touristique commence à se faire largement ressentir. Devant nous, des Français peu respectueux expriment à voix haute leur insatisfaction.

Un pêcheur a laissé ses filets de Coconut crabs juste au pied de l’échelle… Un oubli que l’une des touristes juge « juste dégueulasse », bien sûr, entendons-nous au loin en accostant.

Entre deux îlots, dans le renfoncement d’une baie protégée, une baignoire naturelle verte émeraude. Nous nous y baignons en profitant d’être ainsi agréablement rafraîchis.

En kayak toujours, car nous ne nous lassons pas d’explorer ces îlots en arrivant autour d’eux sans moteur, nous rejoignons une agréable guest house construite entre mer et mangrove. Perchée sur pilotis, elle enjambe une eau émeraude cristalline. Encore le refuge idéal des bébés requins qui adoptent ces eaux peu profondes pour se protéger des plus gros prédateurs !

Alors que les hommes construisent un nouveau bungalow, les femmes étendent le linge. Très bons pêcheurs, leur réputation de charpentiers se déploie de la fabrication de pirogues 100% bois à de plus importantes constructions.

Repus par la quiétude de ce petit havre de paix, nous repartons après déjeuner pour une nouvelle navigation.

Alors que le ciel s’assombrit, comme de coutume, voici l’heure venue de se remettre à l’eau…

Cette fois-ci, le snorkeling évolue en pleine mer autour d’une île inhabitée. Outre un joli tombant sur lequel le courant tend nous pousser, elle recèle en son cœur un lagon protégé par la houle. Tout de vert vêtu.

Nous arpentons comme des Robinson ses contours et reliefs accessibles. Coquillages et crustacés alimentent encore une fois cette nouvelle escapade.

Une sortie que prolongent les plus courageux par un dernier snorkeling aux abords d’une plage sauvage.

Le ciel menaçant nous conduit rapidement au ponton, où nous avons tout juste le temps de déguster notre eau de coco au bateau.

Encore un soir où le soleil n’est pas au rendez-vous pour son coucher.

Mais la nature, toujours majestueuse et ressourçante, nous gratifie de notre présence.

 

JOUR 9.

Pour notre dernière journée d’exploration, les nuages ont levé le camp ce matin, nous gratifiant d’un soleil radieux et généreux.

Point de navigation en vue pour manquer cette opportunité.

Aussi, rapidement opérationnels et prêts à jouir de ce plein soleil, nous nous précipitons vers l’annexe pour notre dernier snorkeling de saison dans notre paradis secret.

Nous nous jetons à l’eau à quelques centaines de mètres d’un minuscule îlot. Grâce à une extrême luminosité, la barrière de corail revêt des dégradés de couleurs fabuleux.

L’eau est parfaitement claire, sans plancton, si bien que le contraste entre le monde marin et le bleu de la mer resplendit comme un joyau aux angles et reliefs jamais identiques, toujours uniques. Comme une parure de perles multicolores qui se serait déposée au fond de l’eau.

Les poissons, dans ce décor paradisiaque, paradent de tous les côtés et dévoilent leurs robes aux couleurs vives sublimées par une lumière extérieure extrêmement intense et franche.

Petit à petit, la barrière laisse place à un fond sablonneux. Nous pouvons nous laisser échouer sur notre île déserte… Pour seul locataire, un filaos qui trône majestueusement au sommet du dôme de sable.

A présent, la mer s’est retirée, agrandissant grandement notre terrain de jeu.

Les bancs de sable dévoilent des contrastes de bleus à l’horizon tout aussi majestueux.

Nous poursuivons ici la magie de la vision idyllique de l’île déserte par excellence, le temps d’une robinsonnade enchanteresse, avec une série de photos qui rendrait jaloux plus d’un amateur de plaisirs insulaires.

Se promener à marée basse les pieds dans l’eau turquoise et s’émerveiller tantôt devant la blancheur du sable, tantôt par la tiédeur de l’eau, de ses reflets ou encore de ce panorama à 360° qui nous remplit soudain d’un vent de liberté.

Est-ce le bonheur à l’état pur ou l’ivresse de l’île déserte et inconnue ?

Ici a lieu l’apothéose de ce notre circuit 100% nature entre terre et mer.

Un moment de magie difficile à interrompre. Pourtant, il suffit de quelques mètres seulement pour que le décor se transforme d’un seul coup.

L’annexe s’enfonce dans une zone de mangrove émeraude, fièrement gardée par deux villages.

Un homme Papou d’âge avancé accompagné de son petit fils nous conduit jusque  une adresse encore plus secrète. Leur pirogue à balanciers semble flotter dans ce décor d’aventures extrêmes.

Pourtant, c’est naturellement qu’elle se fraye un chemin sous les arbres centenaires de cette forêt primaire.

Malgré la hauteur et l’épaisseur de la végétation, la lumière n’est pas en reste. Le soleil toujours aussi haut dans le ciel diffuse tous ses rayons les plus intenses pour irradier la forêt.

Un petit chemin de terre quelque peu boueux nous emmène jusque une belle cascade, fraîche et rafraîchissante. Une belle opportunité pour se glisser dans l’eau émeraude sans craindre les rayons UV.

Face à la belle rugissante, le lit d’une rivière nous invite à explorer un autre chemin pour retrouver notre embarcation. Les cailloux peu glissants nous offrent une adhérence correcte dans une eau peu profonde.

Après l’envol d’un oiseau à la parure aussi belle que son envergure, nous subissons soudain une attaque de fourmis rouges. Coriaces, elles s’accrochent à nos effets personnels pour se nourrir d’un peu de sang frais humain au passage…

Mais le mal est bien vite oublié et le caractère ludique de la promenade l’emporte sur l’incident de terrain.

Et, à l’approche du Nataraja, nous savons que notre équipage privatif saura vite remédier à nos petits malheurs. Sourires et gestes bienfaisants nous replacent hors de portée de ces insectes affamés.

Avec le soleil, le bateau file sur une mer d’huile. La zone de mangrove s’ouvre sur une large baie maritime. Aucun bateau à l’horizon pour nous cacher le paysage. L’impression d’être seuls au monde nous donne des ailes.

Sur notre bateau, nous nous sentons les rois des Raja Ampat.

Aussi fièrement que des pirates… est-ce là la fameuse « Pirates’ Bay Spirit » initiée par les créateurs du Nataraja ?

Derrière nous, le soleil baisse peu à peu, mais la lumière reste exceptionnellement franche.

Le vent léger qui nous ramène vers Sorong nous enveloppe d’une fraîcheur vivifiante. Quelle superbe journée de navigation !

Pour la clôturer, notre capitaine propose de hisser la grande voile. Tout l’équipage s’en donne à cœur joie.

En tant que marins, la navigation à la voile représente pour eux des plaisirs qu’ils apprécient et aiment partager ensemble ; on peut lire cette fierté teintée de joie dans leurs yeux brillants d’excitation.

La manipulation est assurée rapidement et brillamment. Il ne manque plus que le pavillon des pirates à hisser tout en haut du grand mat.

Le Nataraja vogue sous ses plus beaux atouts et laisse son empreinte dans la mer des Raja Ampat.

Pour apprécier davantage ce moment, nous nous servons un dernier apéritif sur le ponton supérieur du voilier. Confortablement assis sur nos fauteuils de billes, nous admirons le soleil couchant à l’horizon.

Avec un sentiment de totale insouciance. Serait-ce là le point d’apogée de notre exploration ?

Pourtant, seules quelques heures sous séparent encore de notre point de départ qui constitue également notre point de retour.

Alors que les nuages se remplissent de nouveau de gris sombres, nous pressentons que le rêve touche bientôt à sa fin.

Déterminé et plus puissant que jamais, le Nataraja file droit sur Sorong, malgré une houle naissante et une pluie qui s’épaissit et s’intensifie.

La nuit noire nous fait perdre nos repères. L’air maritime des îles sauvages et lointaines s’est dissout de nos pensées qui s’embrument au fur et à mesure que la pluie nous contient à l’abri des vagues, du vent et de la pluie.

Bien décidés à vivre l’arrivée à Sorong, nous repoussons l’heure du coucher. Ce soir, nous faisons le tour du monde grâce aux images rapportées par Benjamin de ses différents voyages à travers le monde.

Tous groupés dans l’intimité, nous nous confinons dans un espace protégé des caprices des éléments naturels, tel un cocon qui nous soude et nous unit dans l’aventure pour longtemps encore.

Ici, nous réalisons que, malgré son caractère éphémère, cet épisode entre terre et mer aura su nous transporter loin de notre quotidien, nous laissant vivre et explorer la beauté du monde avec un sentiment d’innocence presque enfantin.

Les yeux grands ouverts sur l’instant présent, le corps tout entier en immersion dans l’inconnu, avec un désir jamais rassasié de découvrir l’ailleurs depuis toujours sublimé.

JOUR 10.

On peut dire que tout à une fin ou presque, même si le voyage retour ne fait que commencer.

Ce matin, le muezzlin nous a sacrés rois et reines des Raja Ampat. Cela aux alentours de 5 heures du matin.

Puis, ce sont les avions qui ont vrombi au-dessus de nos têtes, comme s’ils allaient accoster sur le pont du bateau.

Impossible à présent de prolonger la nuit.

Les coqs prennent le relais. Amarrés pourtant à quelques mètres du port, nous avons déjà l’impression d’être définitivement revenus sur la terre ferme.

Autour de nous, une poignée de voiliers en bois, mais surtout des kilos (des tonnes) de tôles rapiécées de toutes parts

Des coques usées par la mer, la pluie ou les vents… Avec ses habitations sommaires sur pilotis, Sorong distille un esprit singulier, entre port de pêche et village côtier d’Asie du Sud-Est.

Malgré le développement touristique croissant de l’archipel des Raja Ampat, le port de Sorong ne présage en rien cet engouement.

Il faut encore avoir une peu le pied marin pour débarquer sur la terre ferme. Depuis l’annexe, une escalade acrobatique sur une courte échelle verticale nous hisse au niveau du quai.

Dans le port, aucun bateau de croisière haut de gamme ni de yacht. Seules des embarcations dépareillées aux odeurs de gasoil.

A quelques encablures de ce port dont on se soucie peu, les klaxons rutilants vous accueillent dans une messe sonore un peu bruyante.

La circulation et le va et vient des deux roues qui se faufilent au milieu des bus collectifs et des voitures individuelles dans une cacophonie circulatoire contiennent à eux seuls l’âme de l’Asie dans toute sa splendeur.

Située tout près des terres papoues, la ville de Sorong rassemble une communauté exclusivement musulmane. Pourtant, la plupart des femmes a préféré porter le short que le voile. L’émancipation a assoupli les mœurs.

A l’inverse, dans tous les aéroports d’Indonésie, les salles réservées à la prière accueillent quotidiennement religieux et fervents. Parmi eux, des enfants qui expriment le besoin de se dégourdir les jambes entre deux avions.

Et toujours, dans les halls d’embarquement, une impression de calme et de patience absolus. Loin de l’agitation nerveuse qui s’empare bien souvent des aéroports français.

Peu pressés de rentrer, nous acceptons sans rechigner les heures d’attente et d’escale à Sorong puis Makassar. Quand enfin commence la descente sur Denpasar.

Sans transition, nous posons le pied sur une terre moite et tiède. L’aéroport, lui, s’est enrichi d’enluminures et de décorations bouddhistes. Bienvenue à Bali ! Le parking est envahi de véhicules qui se frayent tant bien que mal un chemin parmi la circulation.

Et,  face nous, une immense galerie marchande accueille les flots de touristes. Heureusement que le mois de février se trouve dans le calendrier de la saison basse !

Tous calés les uns contre les autres dans un mini bus, nous rejoignons la station balnéaire de Sanur, où nous passerons une nuit et une journée entière avant le vol international retour.

A nous une nuit de luxe dans un hôtel tout confort ouvert sur un grand jardin ! La végétation, véritable havre de fraîcheur tropical nous berce de sa quiétude ambiante jusque au petit matin.

JOUR 11.

Cette fois, c’est bien notre dernière journée en Indonésie.

Face à ce constat, l’inconscient ne parvient plus à retenir la réalité. Mon mental ne m’autorise même pas à profiter de tout le confort mis à disposition pour une seule et même nuit. Mon âme est bien ailleurs.

Dans ma tête, tout est déjà bel et bien terminé et cette journée ne représente que l’artifice d’une œuvre déjà consommée, brûlée vive. Depuis hier soir, c’est comme si j’attendais d’embarquer dans un hall d’avion, à piétiner devant une porte d’embarquement, sans but ni émotion.

La « face sombre » du voyage en somme qui réapparaît. Celle que l’on repousse ou que l’on craint avant même le départ. Puisque, par postulat, chacun de nous sait parfaitement que tout a une fin.

Mais n’est-ce pas justement cette conscience du temps, la connaissance du caractère éphémère qui augmente toute l’intensité de l’aventure au moment-même où elle se vit ? Le sentiment de bonheur ne peut-il pas se lire résoudre à être prolongé au-delà du voyage ?

Pourquoi l’esprit ne se nourrit-il pas lui aussi de cet état mêlé d’euphorie et de bien-être pour mieux vivre l’étape du retour ?

Trêve de discussions philosophique : à 4h30, la chambre est baignée de moiteur et le jardin tropical m’invite à l’exploration.

Couchée à 1 heure du matin, je pourrais fermer les yeux encore et me détendre sur ce sommier confortable dont j’aurais pu rêver durant toute la navigation. On pourrait penser que je ne suis résolument pas attachée au confort matériel, ni même à la qualité d’un sommeil réparateur. Mais la question n’est pas là.

Cette journée de break à Bali ne représente qu’un sas de décompression pour mieux appréhender le retour à la réalité, aux trivialités de la vie quotidienne.

Le clapotis de l’eau de la piscine me ramène sereinement à la tranquillité et à l’univers aquatique des Raja Ampat.

Baignée corps et âme, nuit et jour.

La promenade le long de la plage de Sanur nous assourdit. Rien ne me délasse plus que la présence de l’eau. Enfilade de restaurants, la jetée rassemble tous les rabatteurs qui attendent impatiemment l’avènement de la haute saison. Massages, boutiques ou activités nautiques, les sollicitations fusent.

Heureusement, les Indonésiens arborent leur plus beau sourire sans jamais faire preuve d’insistance.

Le sable blond, les rouleaux de l’océan se brisent, offrant quelques belles vagues aux surfeurs absents. Au loin, à l’horizon, on aperçoit l’île de Lembogan que l’on atteint en 30 minutes seulement. La fameuse île « joker » qui accueille le surplus de touristes de Bali sur son rivage. Lembogan qui pâtit déjà de développement florissant. Pour faire place aux restaurants, les cultivateurs d’algues ont dû réduire leurs terres. Certains insulaires ont déjà adapté leur activité pour profiter des retombées touristiques.

A Sanur, une fois que l’on s’assoit confortablement à l’ombre des arbres, on se laisse caresser par la fraîcheur du vent, une tranquillité bien souvent masquée par les effets du tourisme.

Les pêcheurs avancent dans la mer avec leur ligne, de l’eau jusque la taille. Les enfants donnent de grands coups de pédales pour aller et venir d’un bout à l’autre de la station balnéaire.

Après le déjeuner, on aperçoit les plus âgés d’entre eux remonter la jetée en uniformes. Les cours terminés, ils peuvent à présent profiter des bienfaits de la mer et du plein air. Finalement, une certaine quiétude règne à Sanur pour celui qui prend le temps de la percevoir.

Nous prenons le temps de l’apprécier à sa juste mesure, une fois que nous nous sommes accoutumés à cette effervescence dont nous avions tous peu l’habitude.

L’adaptation requiert du temps parfois. Puis, celui-ci devient parfois interminable. Il reste encore de longues heures avant de rejoindre définitivement l’aéroport.

Nous ne sommes pas seuls dans l’hôtel en majorité investi par des touristes senior.

Heureusement, le jardin arboré et spacieux nous sert à laisser filer les heures le plus agréablement possible.

Cela fait déjà plus d’une matinée que 3 de nos compagnons nous ont quittés pour explorer Bali plus longuement.

Depuis hier matin, l’équipée entière du Nataraja s’est dissoute. Petit à petit. Seuls 4 volontaires sur 7 au départ de ce soir pour Paris via Doha.

Tandis que la nuit tombe et que nous peaufinons le bouclage de nos sacs, la visite surprise de Benjamin remet un doute quant à la séparation. Pourtant, il s’agit juste de l’adieu formel final qui annonce bien le départ imminent.

Dernière et ultime étape avant de fermer les yeux définitivement.

Pour rêver à un autre projet. Imaginer une autre aventure dans une contrée encore plus lointaine.

Peu importe les émotions.

A cet instant présent, j’ai pleine conscience d’avoir vécu une formidable aventure, heureuse d’avoir réalisé l’un de mes rêves.

Mes yeux brilleront très certainement.

Mais cette lumière qui illumine le fond de ma pupille ne reflète que joie et bien-être. Habitée de cette insouciante vague à l’âme, je remercie mon corps tout entier d’avoir su saisir ces vibrations positives et généreuses.

Plus qu’un désir d’ailleurs, c’est véritablement la fièvre de la vie qui m’anime.

Un feu permanent que je m’engage à attiser aussi longtemps que la vie me le permettra.

Longue vie à vos rêves !

La mienne ne fait que continuer, au-delà du voyage.

Et n’est-ce pas là la plus belle aventure ?

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Faites que le rêve dévore votre vie avant que la vie ne dévore votre rêve. Antoine de Saint-Exupéry.

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Voyage réalisé avec l’Agence Pirates’ Bay – http://www.piratesbaycruising.com

 

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