3e Nuit de l’Aventure : des projections « mora-mora » pour les Niçois…

En cette édition de rentrée du Vendredi 3 octobrel’AGEFIISA, l’agence Boule d’Energie® et L’Oeil du Voyageur (l’émission consacrée au voyage d’Azur TV) toujours associés au Club Alpin Français de Nice, a proposé à Allibert Trekking, partenaire de l’événement, d’installer son camp de base au Parc Phoenix pour de nouvelles projections faisant la part belle à l’image et la rencontre.

Avec une volonté réelle de fédérer une passion commune autour de la marche et des activités de pleine nature, tout en mesurant l’impact du voyage en matière d’environnement dans des espaces particulièrement sauvages et isolés, les deux films projetés lors de cette soirée relevaient un très beau défi dans l’un des pays de la planète les plus riches en biodiversité : Madagascar.

Avant d’ouvrir cette 3e Nuit de l’Aventure, les organisateurs ont rebondi avec respect et compassion sur l’actualité : la disparition d’Hervé Gourdel en Kabylie.

Fort de nombreuses aventures alpines en sa compagnie, le Club Alpin Français de Nice a souhaité rendre un hommage émouvant ce soir à cette figure incontournable de la montagne dans la région, longuement engagé dans le Parc National du Mercantour, notamment dans la mise en place de la manifestation « Prom Gélas ».

En tant qu’invité d’honneur, Gérard Guerrier, directeur Général d’Allibert Trekking et référent au niveau national sur les questions de sécurité auprès des voyagistes (Association ATT-ATR), a profité de l’occasion pour apporter sa vision des faits, notamment sur l’exploitation médiatique du drame et plus particulièrement l’erreur de communication du Quai d’Orsay, ayant publié une nouvelle liste de 40 pays dangereux, au lendemain de l’assassinat d’Hervé Gourdel.
Selon Gérard Guerrier, la sécurité en voyage repose sur un ensemble de raisonnements et d’analyses fondés sur des faits qui ne doivent pas être manipulés, au risque de créer une confusion générale, installant ainsi un climat de terreur général et surtout injustifié.
Cependant, sur la sécurité, sujet essentiel pour les professionnels du tourisme,
car 1ère responsabilité d’un voyagiste, il a souligné qu’elle pouvait parfois être « un sac à dos parfois très lourd à porter ».
Sur ces notes attristantes bien que réalistes, Gérard Guerrier a invité les spectateurs à s’évader définitivement loin de la médiatisation de masse, à travers la projection de son film :
Mora Mora Vazaha, 2012, 45’
Sur les traces de l’expédition scientifique menée par Evrard Wendenbaum en 2010 en compagnie de Pierre Petit et de Christophe Raylat, Gérard Guerrier s’est engagé à son tour 2 ans plus tard dans le Makay lors d’un voyage de reconnaissance, accompagné d’un groupe de marcheurs aguerris.
Explorer ce massif perdu, territoire reculé dans l’extrême sud de la Grande île, c’est redécouvrir le mythe d’une vallée oubliée qui protège avec fierté son « Arche de Noé ».
Loin des sentiers battus et surtout de toute trace humaine, le massif du Makay au sud de Madagascar reste l’un des derniers Eden comme les décrivait Frison Roche dans « La Montagne aux écritures ».
Aujourd’hui, seuls quelques privilégiés (environ 4 groupes Allibert Trekking de 10 personnes au plus par an) ont la chance de s’aventurer dans cette région isolée et coupée de la civilisation depuis des millions d’années. Loin de la fréquentation de masse du Machu Picchu avec ses 800.000 touristes par an, on peut véritablement affirmer que les trekkings organisés dans ce massif perdu n’ont que très peu d’impact sur l’environnement.
Par l’étroitesse de ses canyons et la raideur de ses pentes, un voyage dans le Makay exige persévérance et adaptation pour celui qui souhaite en découvrir tous ses trésors les plus préservés.

Depuis le rouge ocre des plateaux de grès ruiniformes au bleu azur des cours d’eau rugissants et des piscines naturelles encaissés au fond de canyon hauts de plusieurs centaines de mètres, en passant par le vert intense des forêts inaccessibles, cette forteresse minérale est un sanctuaire pour la faune et la flore, où  l’homme se sent aussi vulnérable que s’il entreprenait un voyage dans les entrailles de la terre. A l’image du Tassili N’Ajjer 50 ans en arrière, rapporte Gérard Guerrier.

Au-delà de l’exploration du Makay, Gérard Guerrier a choisi la rencontre comme fil conducteur de son voyage. Une rencontre avec un peuple accueillant et curieux. Parmi les ethnies rencontrées, les Baras, farouches guerriers, éleveurs de zébus qui ont su conserver leurs traditions, les Merinas ou anciens « maîtres » de l’île, les invincibles Betsileos et les Vezos, peuple nomade de la mer, sur la côte ouest de l’île.
Avec le parti-pris de distiller dans son film le rythme « mora-mora » propre à Madagascar, Gérard Guerrier pose des mots sur les images, autant de textes poétiques exprimés avec lenteur sur une bande musicale émouvante, alternant ainsi les respirations à travers un parfait équilibre entre le travail de l’image et du son…
Mora-mora, les anecdotes et les sourires se succèdent et s’entrecroisent. En témoignant de la diversité des cultures, des paysages et des visages, Gérard Guerrier dresse un très beau portrait de Madagascar, un grand pays attachant où les rencontres ont lieu dans une grande humanité.
Pour la deuxième partie de cette 3ème Nuit de l’Aventure, c’est à une toute autre découverte, plus discrète et plus intime que nous convie Bruno Victor Pujebet à travers son film :
Empreintes Sonores, 2009 – 52’
Approche originale du voyage, l’exploration de la biodiversité malgache par les sons offre un excellent terrain de jeu à Christian Holl, musicien-compositeur qui parcourt les plus grands sites classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO.
A l’aide d’un stéthoscope et de différents outils et accessoires, Christian Holl ausculte, écoute et mesure la température de la nature avec une extrême précision.
Il enregistre tantôt le cri rauque du fossa, le seul félin de la Grande Ile, mais aussi l’eau qui s’écoule dans un baobab ou encore l’écho des Tsingy de Bemahara, cette cathédrale naturelle constituée sous la mer il y a plus de 200 millions d’années et composée de fossiles et de débris de coquillages.
Chaque son, qu’il soit animal ou végétal, devient ainsi une note. Or, en collant ces notes les unes aux autres, Christian Holl compose de nouvelles mélodies, toujours plus douces, harmonieuses et surprenantes.
En résulte un travail insolite chargé d’émotions dans un temple de la nature, véritable sanctuaire de la biodiversité qui concentre 80% de la faune et de la flore endémiques de la planète.
A travers ce film d’une grande poésie, Bruno Victor Pujebet témoigne de l’équilibre fragile qui relie l’homme à la nature, un rapport particulièrement en péril dans un pays en voie de développement.
Abordé sous une forme unique en son genre, cet excellent sujet d’actualité aborde l’une des questions environnementales essentielles, à travers un documentaire riche en enseignements et en sagesse !

En attendant le prochain rendez-vous du Festival Explorimages du 7 au 11 novembre, soit 4 jours et 4 soirs de projections dédiées au film d’Aventure et de Nature, évadez-vous encore aux 4 coins de la planète avec les récits des autres Nuits de l’Aventure :

https://delautrecotede.com/2014/04/06/explorimages-une-soiree-nature-et-aventure-hommage-en-images-a-la-culture-sud-americaine/

https://delautrecotede.com/2014/06/24/explorimages-pour-une-nuit-estivale-placee-sous-le-signe-de-laventure/

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