Celle qui va tout changer, à commencer par vous-mêmes ?

Il flotte comme un air de vacances…

Certains s’apprêtent à prendre la route, celle des (grandes) vacances… Les congés payés, symboles d’insouciance emplissent le coeur des estivants avec légèreté. Un voyage qui tantôt traverse des frontières, tantôt choisit la voie de la lenteur, celle du Slow Travel, privilégiant l’immersion nature sans chercher ni la distance ni l’exotisme.

Mais parfois, la route prend un tout autre tournant, bien plus symbolique que le seul résultat du bien-être et du lâcher prise.

Celle qui va tout changer : voici le chemin que Jean-Michel Corillion a choisi d’emprunter avec son triptyque cinématographique.

Du Zanskar à la Chine en passant par le Malawi… la route devient le fil conducteur de 3 histoires réelles, 3 destins communs rassemblés par un seul et même projet, au-delà des frontières et des différences : la construction d’une route qui va permettre de désenclaver des villages isolés.

Education, santé, tourisme : les axes de développement sont multiples pour ces communautés qui rêvent avant toute chose d’un avenir meilleur.

Permettre aux jeunes générations de faciliter leur scolarisation (mise à disposition de bus scolaires), favoriser le développement économique et local en réduisant la pauvreté, moderniser l’agriculture pour mieux maîtriser l’exportation : chaque communauté tire profits des changements que cette route leur apportera, tout en songeant toujours à préserver leurs traditions et leur culture locale.

Ces problématiques, des réalités ancrées dans le quotidien de ces minorités, inspirent profondément le travail de Jean-Michel Corillion.

Dans « Le Dernier refuge », il apportait un témoignage saisissant et objectif sur le fragile équilibre d’une communauté partagée entre mode de vie séculaire et modernité : les Tau’t Batu (= le Peuple du Rocher), une ethnie de l’île de Palawan aux Philippines qui regroupe aujourd’hui de 200 âmes tout au plus.

Mais dans ce triptyque, c’est avec une nouvelle approche qu’il aborde la question des minorités dans une société à la vitesse inversement exponentielle à celle du pouls de la planète.

Ici, le réalisateur livre davantage que son point de vie de cinéaste et d’auteur : il donne directement la parole aux habitants des communautés concernées par les projets.

Que va changer cette route dans leur quotidien ? Quels impacts la construction de cette route va-t-elle avoir de positifs sur leur quotidien ? Quels profits tirer de ces changements ? Quels risquent d’être les inconvénients ?

Ainsi, au-delà des frontières, des intentions et des objectifs cinématographiques, ces trois documentaires véhiculent des valeurs riches de sens aujourd’hui dans un monde occidental de plus en plus tourné sur l’individualisme. A l’inverse, la solidarité collective déborde d’humanité qui laisse transparaître devant la caméra une grande émotion.

En résultent des films infiniment vivants qui soulèvent des questions totalement ancrées dans le présent.

Utilisant une matrice commune, Jean-Michel Corillion exploite ce sujet en personnalisant chaque film grâce à la sensibilité propre des populations.

Au lac Malawi en Afrique australe, dans un décor de savane aride et hostile, les habitants construisent une route pour atteindre Phirilongwe tout près du Rift. Cette liaison représente un enjeu vital dans une région où l’eau potable est essentielle à la survie des habitants.

Comme beaucoup d’endroits en Afrique, les ponts et les puits permettent d’améliorer les conditions sanitaires et de réduire les épidémies de choléra, de dysentrie et de typhoïde.

Au Zanskar, un moine tente de désenclaver son village où il n’y a pas eu d’école depuis 2009. Pour mettre un terme à l’isolement, il construit seul une route à plus de 5.000 mètres d’altitude. Dans cet environnement hostile, les travaux exigent des efforts surhumains. Mais les conséquences de cette route pèsent autant dans le développement de l’économie touristique que dans la réduction de la pauvre ou la modernisation de l’agriculture.

Au sud de la Chine, dans la légendaire province du Guangxi, nichée au cœur de pics montagneux spectaculaires, Yuan Feng Huang lutte contre la maladie pour sauver son village natal. Tandis que le gouvernement pousse à la désertification des campagnes, un personnage héroïque se lance dans un chantier titanesque grâce à ses économies personnelles. Un combat qu’il entreprend pour sauver sa famille et ses amis, tout en se donnant un but à atteindre malgré la maladie.

La route de l’enfer ou la route de l’espoir ? Avec de réelles causes liées tantôt à la survie, tantôt à l’avenir de populations reculées, ce triptyque cinématographique démontre que tout projet peut aboutir à ses fins, malgré des moyens dérisoires et des conditions rudimentaires.

Grâce à la volonté et à la détermination de chacun, l’effervescence et l’efficacité de l’action se nourrissent de cette énergie collective, nécessaire pour parvenir au terme d’un challenge, aussi épuisant soit-il. Parfois, face à la tension, ce sont les larmes de joie qui montent dans un enthousiasme général. Mais, lorsque l’on souhaite vraiment que « tout change », l’espoir est plus fort que tout.

Aussi, si vous aussi vous empruntez un jour cette route, ne vous retournez jamais et surtout allez jusqu’au bout… et jamais vous ne le regretterez !

« Si vous voulez aller vite, allez-y seul, si vous voulez allez loin, allons-y ensemble ».

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« Celle qui va tout changer », Jean-Michel Corillion. 3×52’ – Produit par Kwanza Prod’.

 

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