La marche, plage de liberté et de pensée…

Tandis que les plages se remplissent, que chaque mètre carré de sable est investi par une colonie de serviettes et que les embruns embaument à plein nez la lotion solaire, on choisira d’arpenter d’autres rivages.

Cet été, la montagne semble avoir gagné du terrain sur les destinations en tête de liste des Français.

Plus que jamais, on parlera de slow travel, de micro-aventure, prônant un retour au vert en pente douce… A présent, ce n’est pas tant la distance, le nombre de kilomètres qui comptera tant que la quête de ressourcement et de connexion avec la nature.

Certains, chercheront absolument à atteindre des sommets… d’autres se limiteront au bonheur d’un bien-être et d’une quiétude associés. Ou à l’art de la contemplation seulement.

Mais en ce moi intérieur, qu’est-ce qui m’anime véritablement lorsque je marche ?

Eprise par l’effet puissant et incontrôlable de ce magnétisme alpin, je ne puis retenir mon souffle et soutenir mon regard devant tant de grandeur… Crêtes vertigineuses, alpages verdoyants, glaciers vrombissants : partout la nature est reine et bouillonnante de vie.

Si le silence résonne dans l’effort de nos pas, c’est pourtant toujours le souffle coupé que nous arrivons au sommet, point culminant et ultime étape de la randonnée.

Et, avec le sentiment d’une nature préservée dont le patrimoine lui, ne s’essouffle jamais. Dans le massif alpin, les traditions continuent d’exister, les paysans fiers de leur terroir, bien dans leurs bottes vous accueillent avec une chaleur si généreuse que vous vous sentez gêné par tant de spontanéité.

Côté Suisse, ce sont les buvettes qui se sont substituées aux refuges toujours parfaitement décorés avec charme et coquetterie, aux cabanes de bergers et aux abris de montagne.

Et dans ce massif où tous les sentiers ne forment qu’un long itinéraire, une série de pistes et de sentes tantôt caillouteuses ou tantôt herbeuses qui s’entremêlent les uns aux autres, les occasions d’errances et de rencontres sont démultipliées.

Tandis que le droit de passage impose la gratuité par opposition au coût des autoroutes, c’est tout aussi librement que l’on y croise des gens… Des gens comme nous, des gens ordinaires, de grands sportifs, des familles ou des solitaires. D’ailleurs, ne marche-t-on pas avant tout pour aller à la rencontre de tout cela à la fois ?

La montagne, si familière qu’elle n’y paraisse, c’est un cumul naturel et inimaginable d’une foule de paradoxes, intérieurs ou collectifs.

Parfois surgit un sentiment de solitude profond, mêlé à cette étrange impression de se sentir en harmonie avec soi-même, mais aussi avec un tout. De ne former qu’un. Une réalité augmentée par un fort ancrage dans le présent et une connexion permanente avec son environnement.

Autre paradoxe, cette impression de dominer et, dans un même espace-temps de se sentir si petit, impuissant, comme un être microscopique qui se serait perdu dans l’infiniment grand.

Pourtant, à l’instar du Petit-Poucet qui sème ses graines sur son chemin, les pas foulés dans ce champ exponentiel des possibles chargent l’esprit de souvenirs, d’odeurs, de surprises et de lumières. Et toujours, dans ces mêmes paysages, des souvenirs emplis d’émotions partagées.

Quant à ce goût que l’on a intensément savouré durant chaque minute d’effort, chaque instant d’admiration, ce goût qui reste en bouche une fois que l’itinérance est terminée, n’est-il pas lui aussi habité de quelque chose d’universel ?

On pourrait sans doute définir la montagne comme un vaste territoire où l’on ne pose jamais ses valises, contrairement à une ville ou une station balnéaire. Dans un périmètre indéfini où l’on avance perpétuellement, en s’efforçant d’éviter de se retourner.

Comme notre propre maison, cet immense terrain de jeu où l’on aurait besoin de rien d’autre que ses yeux pour admirer et son souffle pour reprendre sa respiration. Subjugué par autant de beauté et de grandeur, notre rythme intérieur s’est ici enfin ralenti dans une pulsation d’un autre temps.

Un temps que nous ne pensions pas exister. Et pourtant !

D’ailleurs, on y était tellement bien qu’on a complètement déconnecté. Et c’est bien pour cela que c’était l’endroit idéal pour se faire oublier jusqu’à la rentrée….

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