Bivouac dans le Haut-Dolpo avec « Tarap, d’un monde à l’autre »

« Tarap, d’un monde à l’autre »

Réalisation : Hervé Tiberghien, 2010

film  Tarap d'un monde à l'autre  Hervé Tiberghien Himalaya

Un document d’archive précieux, témoignage du déséquilibre des peuples des hautes vallées himalayennes, partagés entre le progrès et la foi bouddhiste…

Tarap, un village isolé situé à flanc de montagne à 4 200 mètres d’altitude à l’Ouest du Népal. Dans ce décor majestueux, des hommes et des femmes vivent en totale autarcie, menant une existence rude et précaire dans le plus profond respect de la tradition tibétaine. A première vue, un peuple pacifique dans une vallée cachée.
Mais aujourd’hui, l’équilibre de cette vallée est menacé par la confrontation fatale avec le monde extérieur. Par l’irruption de la modernité dans un mode de vie régi par les traditions séculaires, entraînant l’apparition de nouveaux besoins (téléphones portables, objets en tous genre « made in China », etc…), mais aussi par la montée de l’alcoolisme.
Après avoir vécu longtemps du troc – grain népalais contre sel tibétain – assuré par les caravanes de yacks, cette région hors du temps et isolée du monde par les hauts cols qui la cernent a vu l’argent arriver.
Avec le commerce du yartsa gunbu, ce curieux champignon (mi chenille/mi-champignon) médicinal très recherché en Chine, les Tarap-pa ont peu à peu pris conscience de la valeur du système monétaire.
Devenue une activité familiale à part entière, la cueillette de ce spécimen – poussant à plus de 4 500 mètres d’altitude – à la fois thérapeutique et aphrodisiaque, offre aujourd’hui l’opportunité de nouveaux revenus.
Pourtant, pour une civilisation qui croit à la réincarnation, arracher ce champignon à la terre apporte un mauvais karma, sa cueillette venant rompre l’équilibre écologique, au même titre que le léopard des neige et le yack blanc.
En effet, dans la religion bouddhiste, sa disparition signifie que  la vallée serait menacée de sécheresse ; ce malheur marquerait donc le début du dérèglement climatique.
Mais l’appel du gain l’emporte à présent sur la foi ; vendu une fortune à la frontière chinoise, soit 10 € / kilo, ce champignon miracle est revendu en occident aussi cher que le diamant, pouvant atteindre jusqu’à 8000 € le kilo !
Ici, ce sont les prémisses de nos sociétés modernes, avec une ouverture encore relativement timide vers le monde extérieur et une volonté farouche de  préserver des valeurs hautement spirituelles, essentielles à la cohésion de la communauté.
A travers Purwa, un jeune étudiant, Hervé Tiberghien donne la parole à l’une des dernières cultures traditionnelles de l’Himalaya.
Kaléidoscope de visages attendrissants, d’enfants innocents, cette chronique tournée au fil des saisons nous immerge dans un monde d’une beauté fascinante, à la rencontre de médecins traditionnels, d’écoliers et de professeurs et de religieux.
Riche en enseignements formidables, ce documentaire témoigne cependant du fort esprit communautaire et de la joie de vivre qui prédominent au quotidien, malgré les épreuves et la rudesse ambiante.
Du livre à l’immersion de 4 mois dans ce village hors du temps…
 
Tout a commencé avec un livre, Tarap, une vallée dans l’Himalaya, publié en 1974 mais dont les photographies datent de 1960.
L’auteur, Corneille Jest, ethnologue Français y apportait le témoignage d’une culture tibétaine authentique dans le village isolé de Tarap, à travers un chef spirituel, Kagar Rimpoché. Dans son livre, il prédisait la mort de cette sérénité tibétaine dans les deux générations à venir, par sa seule confrontation inévitable avec la société occidentale. 
40 ans plus tard, Hervé Tiberghien, est parti sur les traces de  Corneille Jest pour vérifier si ce présage était devenu réalité.
De ce voyage, est naît ce documentaire, Tarap d’un monde à l’autre, portant le même nom que le livre qui l’en a inspiré.
L’histoire se termine sur l’intronisation du nouveau Kagar Rinpoché, réincarnation de celui qu’avait connu Corneille Jest à l’époque. La boucle pourrait être bouclée.
Mais, âgé de 20 ans et vivant en Inde où il connait tout du monde moderne, le nouveau chef spirituel viendra-t-il s’isoler dans la région comme son prédécesseur pour aider et conseiller les siens ?
“… Le livre est le lien entre passé et présent, il ne vieillit pas, seul notre regard change. Ce témoin silencieux, interrogeant notre monde, pose une affirmation (…), la mort culturelle est plus insidieuse que la mort physique, elle se dissimule derrière les secours médicaux et alimentaires, par le jeu de l’ascension démographique et de l’accession aux pauvres richesses que dispense la civilisation à ses plus petits clients. Aujourd’hui, en 2011, deux générations se sont écoulées, j’ai l’intention, par l’image et le son, de discuter cette affirmation.”

Aujourd’hui,  ce film fait l’objet d’une tournée dans les camps de base d’Allibert Trekking qui a soutenu le projet de Hervé Tiberghien durant ses  4 mois d’immersion dans les hautes vallées himalayennes.

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