Vohimana, la forêt (des)enchantée ?

Alors que nous avons tourné la page de la rentrée, surviennent en masse les myriades de contes compilés dans le sempiternel manuel scolaire, nouveau venu au fond du cartable pour les 300 prochains jours… Parmi ces récits qui ont traversé et bercé l’enfance d’un grand nombre d’entre-nous, les histoires de forêts avec leurs personnages cachés, perdus ou même encore abandonnés.

Si la majorité d’entre-nous s’est parfois s’endormi avec la peur du loup, y a t-il parmi vous quelques enfants, parents ou autres personnages fictifs sortis de ces livres qui auraient-il un jour évoqué, entre deux lignes, la peur de l’Indri-Indri ???

Dans les forêts malgaches, les familles de canidés s’avèrent en effet bien moins offensives que dans nos étendues forestières européennes…

Aussi, avant d’aller cueillir le champignon dans les sous-bois dès les premiers jours de l’automne, tourner la page des ténèbres et atterrir dans une forêt enchantée procure un éclairage nouveau aux péripéties nocturnes de bien bonne augure.

Alors, après la plage, pourquoi ne pas s’aventurer en forêt ??? Entre imaginaire et exotisme, voici une adresse encore un peu cachée, quelque peu secrète, loin des parcs nationaux… un petit paradis où le lémurien a élu domicile.

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Le repère de l’Aventurier en mal de biodiversité…

Arriver de nuit suppose de vouer une confiance extraordinaire, voire absolue à la personne qui aura arrêté son véhicule en bordure de cette route nationale plongée dans une totale obscurité.

Faut-il déjà identifier quelque repère dans la nuit pour oser éteindre ses phares et stopper son moteur en pleine forêt ? Plus que légitimes, les interrogations, inquiétudes et autres méfiances pour un visiteur non initié.

Or, lorsque apparaît soudain venu de nulle part, dans la faible lueur des phares du véhicule, un petit groupe d’hommes qui s’agite avec animosité, voici la certitude que le voyage se termine ici ou presque.

A partir de là, ce sont pas moins de 45 minutes de marche qui sont nécessaires pour rejoindre le Relais du Naturaliste… 

Equipés de lampes frontales, rien de plus mécanique que d’avancer dans la nuit noire sur un étroit sentier qui longe une voie ferrée. Avec cette très légère impression de passer clandestinement une frontière en compagnie d’un passeur.

Mais au réveil, devant le merveilleux spectacle de la nature, cette impression se teinte d’un goût de paradis caché… Devant soit, un décor de forêt tropicale aux camaïeux de verts émeraude qui ne demande qu’à être découvert.

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Une adresse écotouristique, source de vie et de bien-être…

Du chant des oiseaux au murmure de la cascade pleine de vie jusqu’à la construction entièrement en bois de la structure d’accueil, Le Relais du Naturaliste, c’est un peu la reconstitution grandeur nature et à ciel ouvert d’un magasin Nature & Découvertes.

Côté hébergement, le choix se porte entre le dortoir collectif fort spacieux ou trois bungalows individuels en falaf (= feuilles de l’arbre du voyageur) avec toujours, la liberté de planter sa tente à proximité des installations.

Les repas sont servis dans la « pièce à vivre », un grand abri ouvert sur la forêt, avec une cheminée près du coin salon spécialement adapté pour recevoir les groupes dont les publics scolaires.

Hormis les séjours de courtes durées, le Relais du Naturaliste accueille toutes les personnes désireuses de s’investir dans des actions d’écovolontariat, des chantiers de solidarité ou bien encore des âmes scientifiques pour la recherche.

Un projet collectif humain et écologique pour un bel exemple d’éco tourisme…

Pour faire face à la déforestation de la forêt de Vohimana qui a perdu plus de  50% de son territoire entre entre 1962 et 2002, l’ONG malgache L’Homme et l’Environnement a signé avec le Ministère des Eaux et Forêts un contrat de gestion de 25 ans renouvelables.

A travers la mise en place d’actions collectives autour de la préservation de l’environnement et l’implication des populations locales défavorisées, l’ONG s’engage à oeuvrer en faveur de la préservation de la biodiversité et de la sensibilisation des villageois directement concernés.

Au total, sur le seul site de Vohimana, une association regroupe près de 5 villages – soit environ 1000 habitants – organisés en commissions (porteurs, artisans, guides, agriculteurs). Ces corporations de « métiers » sont utilisées pour l’organisation d’activités diverses et variés pour les visiteurs : pêche, agriculture, tressage de palmes avec les femmes, observation de la faune et de la flore, etc…

Parmi les lieux à découvrir, l’atelier de distillerie d’huiles essentielles, la pépinière, le potager bio. ou encore le jardin médicinal.

Un programme aussi vaste que compliqué à mettre en place, en vue d’atteindre la pérennité d’une activité économique auto-gérée par la population locale, en plus de constituer une alternative à la culture sur brûlis.

Malheureusement, les questions écologiques pèsent bien peu, dès lors que l’on considère les conditions sanitaires sur l’île (malnutrition, alphabétisation, etc…).

Aussi, face aux besoins d’urgence qui menacent des villages entiers, dans quelles mesures interdire la culture du brûlis responsable de l’appauvrissement des sols, mais qui permet aux habitants de nourrir des troupeaux, de se chauffer et de cultiver des sols ?

Incursion dans la forêt primaire à la quête d’un tête à tête salvateur avec l’Indri…

Hormis les nombreux problèmes environnementaux qui pèse sur elle, la forêt de Vohimana recèle une biodiversité aussi riche et autant d’espèces endémiques que les parcs naturels nationaux de la Grande Ile où les touristes se promènent au milieu des lémuriens presque domestiqués.

Véritable paradis pour les chercheurs qui se délectent dans la même mesure des trésors naturels que de la sérénité de son cadre, Vohimana ne constitue pas seulement une adresse propice pour réaliser un stage de survie…

Pour découvrir plus profondément cette merveilleuse forêt primaire qui abrite de nombreuses espèces endémiques, dont certains lémuriens en voie d’extinction, il suffit de suivre le guide… au plus près !

Le jeu consiste notamment à trouver la trace du plus gros des lémuriens recensés sur la Grande île : le fameux et mystérieux Indri Indri.

Une douce et jolie peluche qu’il vaut mieux collectionner en porte-clés !

Bien que son museau et son poil doux inspirent une certaine sympathie au premier coup d’œil, le cri rauque et puissant de l’Indri Indri semblable à une plainte aiguë incite peu à éterniser le face à face.

Arboricoles, diurnes et paisibles ? Si l’on en croit Wikipédia, l’Indri-Indri ne se nourrit que de feuillages… Mais, devant cette silhouette à la forme presque humaine, du fait de ses grands membres, on oublie rapidement les liens de parenté qui nous rapprochent l’un de l’autre.

Si l’Indri-Indri fait partie des espèces de primates les plus menacées au monde, le cousin reste peu commode !

C’est pourquoi, lorsque l’on entend soudain le froissement des branchages venir interrompre le silence de la forêt et que l’on observe de plus ou moins loin la course légère et habile qui accompagne ce cri – témoin des facultés du-dit primate à se propulser d’un arbre à l’autre malgré son poids – et sa rapidité à se déplacer dans la canopée, on cherche définitivement à se faire le petit petit possible…

Aussi, sachant que les courtoisies se limitent en général à ce simple échange, furtif mais mémorable, voici qui suffit à nourrir le souvenir de sa rencontre avec le plus grand mammifère carnivore de Madagascar.

Libératrice et salvatrice, l’heure où l’on se prélassera ensuite sur les chaises longues en profitant de la quiétude du Relais du Naturaliste, récupérant des émotions du jour partagées entre rêve, imaginaire et réalité…

« Qui voit le loup… « ???

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